Voir venir maman calmer le grand écrivain que j’allais devenir…

Sans titre

Je n’étais plus seul avec mes pensées et mes agissements, j’avais l’espoir

De voir venir maman calmer le grand écrivain que j’allais devenir…

Bien sûr, j’imaginais les moqueries de notre invité s’il avait lu ma lettre,

Mais peut-être lui-même avait-il souffert lorsqu’il était petit

De ces histoires si malheureuses dont nous sommes tous l’objet,

Tant nous sommes la proie d’adultes immatures, inconséquents. Peu de choses

Changent en grandissant, car si nous sommes débarrassés de ces grandes personnes-là,

L’amour vient entretenir ces dégâts dont M. Swann m’a longtemps entretenu plus tard.

J’avais donc de l’angoisse, j’avais un doute : et si Françoise ne remettait pas la lettre,

Ou si ma mère ne voulait pas la recevoir, la lire, ne voulait plus être importunée

Par un benêt en pleur et réclamant le sein. Ce soir-là, elle ne vint pas.

La vie, plus tard, me fit connaitre des moments semblables.

Afin de punir tout ce petit monde installé dans le jardin, je m’allongeais

Dans mon lit et fermais les yeux en pensant qu’elle ne viendrait pas me voir

Pour deux raisons : la première, comme je vous l’ai expliqué au début de mon exposé,

Était la présence de notre invité, la seconde, ce petit mot, si maladroitement adressé

Se retourne contre moi, planté en mon coeur comme le couteau de Lorenzo

Dans la cotte de mailles du Duc Alexandre. Je me devais d’accepter mon infortune,

Calmer ce coeur resté en vie malgré lui. Tout à coup, j’eus peur. Je voulais la voir

Coute que coute, impérativement, et il me vint l’idée de descendre de mon lit

Pour prendre l’escalier menant à elle. Étais-je devenu fou ?

Sa femme lut donc sur la place les mots de ta pauvre soeur à haute voix,

Repoussant énergiquement les avances intolérables de son patron, le mari de la dame.

Au bout d’un moment, ses interventions devinrent un spectacle et on vint de toute part

Assister à cette lecture si inhabituelle dans notre pays et beaucoup l’invitèrent chez eux

Pour entendre la prose de l’innocente enfant, peut-être en faisait-elle plus qu’il ne fallait,

Mais enfin l’honneur de ma fille fut retrouvé, et le coupable, je ne sais pourquoi,

Aujourd’hui, me fait de la peine. À partir de ce moment-là, tout s’arrangea à la maison

Et ta soeur a reçu une demande en mariage d’un parti qu’elle a acceptée.

Patchwork (cliquez ici)

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