Notre homme n’aimait pas les moustaches…

Strauss Kahn Lawsuit

À son bureau, son sous-chef avec qui il avait d’excellentes relations,

Se trouva détaché ailleurs et remplacé par un autre fonctionnaire plutôt sec

Et doté d’une moustache. Notre homme n’aimait pas les moustaches, ça le hérissait.

Quant à l’autre, le nouveau, il n’aimait pas les binocles et la barbiche de cet employé

Sous ses ordres et à sa merci. Il ne se priva pas dès le premier jour à le traiter

Comme une vieille chose, pire, comme une poubelle…

Si je vous ai parlé de Françoise notre bonne, j’aimerai aujourd’hui, vous en dire plus

Sur cette personnalité hors du commun. Elle s’occupait de nous en s’adaptant parfaitement

Aux caractères de chacun, aux habitudes de tout le monde, et de moi aussi évidemment.

Elle savait, par exemple, avaler les pilules acerbes de ma tante qui parlait souvent

Toute seule dans sa chambre et perdait la tête par moment tout en trempant

Dans l’infusion, préparée par notre servante, un petit biscuit ou une petite madeleine

Dont elle me tendait un morceau une fois ramolli. Pour récompenser notre employée,

Ma mère me donnait parfois une pièce de cinq francs à lui remettre au moment

Où on le déciderait. Maman savait une chose, Françoise qui était la bonté même,

N’aimait pas son gendre. Un jour où elle devait aller voir sa fille

Vivant avec cet homme détesté, ma mère pria intérieurement pour qu’il ne fût point

À la maison lors de l’arrivée de Françoise afin qu’elle passât un moment agréable

Avec sa « p’tite fille », maintenant bien grande puisqu’elle était arrivée à trouver un mari…

Ma mère était respectueuse vis-à-vis de Françoise et cela élevait le niveau

Des relations chez nous. D’ailleurs, nous l’aimions tous, car elle savait travailler

Comme un cheval sans compter ni ses heures ni ses efforts à tout faire dans la maison :

La cuisine, le ménage, l’entretien des personnes dont ma tante la première,

Qu’il fallait être là à tout instant, à son service pour lui préparer une boisson chaude,

Lui tenir la conversation sans commettre de contresens qu’elle saurait très bien mal prendre,

La tante, si informée qu’elle était de tout ce qui se passait dans la rue,

Puisqu’elle passait son temps à la fenêtre comme beaucoup de monde à la campagne.

Le nouveau sous-chef voulut tout réformer dans notre service trop tranquille à ses yeux,

Mais surtout il voulait mettre des bâtons dans les roues à cet employé ayant pris ses aises

Depuis vingt ans. Comme mauvaises habitudes, il commençait toujours ses lettres

Par une formule fort classique, mais l’autre ne l’entendait pas de cette oreille,

Il voulait la remplacer par une autre plus américanisée… Rien n’y fit, l’ancienne formule

Revenait spontanément et il n’était pas question pour l’ancien de faire un effort,

Ce qui valut l’inimitié grandissante du sous-chef à l’égard de son inférieur,

Qui trouvait l’atmosphère du ministère pesante au point que le matin, il se rendait

À son bureau avec appréhension et le soir avait du mal à trouver le sommeil.

La volonté du nouveau était ferme, il ne voulait lâcher prise en aucune façon,

Alors il mit l’ancien au placard, comme souvent on procède devant les récalcitrants.

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