Chapitre 9

057

Nous tapons sur les putes et sur leurs clients parce qu’on ne peut le faire sur les trafiquants,

Disait un spécialiste de la police judiciaire, on ne peut pas toucher aux gros,

Alors on s’en prend aux petits, c’est là où l’on peut faire son métier, et ça, pas seulement

Pour la prostitution, mais dans tous les domaines. Ainsi, nous voilà informés

De comment ça se passe, pas la peine de se faire du cinéma sur la justesse de la justice,

Tu y perdrais ta puberté sans même t’en rendre compte. En agissant comme ils le font

Les politiques se rendent coupables, ils remuent un tas de boue en sachant pertinemment

Qu’il n’en sortira rien, pas même une loi. Alors pourquoi tout ça ?

Est-ce pour montrer leurs bonnes intentions à ces bien-pensants qui baisent leurs femmes

En toute légalité dans le cadre du mariage ? Sujet important, dites-vous,

Mais que le gouvernement commence par combattre le chômage et les inégalités sociales

Avant de s’attaquer à un sujet qui pèse sur l’humanité depuis pas mal de siècles…

Je travaille dans un club de nuit, tout le monde connait ce genre d’endroit

Le type de clients qui les fréquentent. Des lieux comme celui-ci, il y en a partout,

Dans toutes les villes de ce monde de merde. Dans cette atmosphère à la fumée

De cigarettes opaques, vous m’y trouverez servant des boissons à ces hommes

Toujours en manque de quelque chose… Alors je les fais rêver, c’est mon métier.

Je lave les verres, je frotte les verres, j’essuie les verres, puis les range,

Les remets à leurs places, pour qu’à nouveau

Le cycle sans fin de la nuit se déploie au service du plaisir.

Je suis la perversion personnifiée, je sais me nourrir de tout ce que je touche, mange ou bois

J’avale tout ce qui m’est offert dans le cadre de mon boulot.

Je pense souvent à mon enfance, nous habitions près du Moulin-Rouge

Et là, nous avions de l’animation vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

C’était autre chose que maintenant, votre honneur ! Je parle, je parle

Et j’observe parallèlement d’un oeil la mère en deuil de mon amant mort,

Probablement ma littérature vous est indifférente, madame, mais votre fils justement

Aimait la littérature et il est normal que j’en fisse un peu ici ne serait-ce qu’à sa mémoire.

Le soir, je montais raconter à ma tante, qui nous avions rencontré lors de nos promenades,

Histoire de la faire réagir. Je lui parlais d’un homme que grand-père ne connaissait pas…

Patchwork (cliquez ici)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s