Je vis une jeune femme nue…

013

Mon oncle grommela un peu, pas beaucoup, et me laissa entrer dans le salon,

Lieu dans ma tête de toutes les débauches. Je vis une jeune femme nue

Terminer une mandarine et me regardant droit dans les yeux au point de me faire rougir.

Dans cet état coupable, j’allais embrasser mon oncle, rouge de honte de le voir

Pour la première fois avec une de ces fameuses cocottes.

Confortablement installé dans ce fauteuil en rotin, Jean Damien Porchire

Demeurant à Paris, un immeuble bourgeois du seizième arrondissement,

S’était assis à la terrasse d’une brasserie un Quatorze Juillet à midi exactement,

Et avait déjeuné seul, après une longue promenade allant de l’Arc de triomphe

À la Place Victor Hugo, où l’avenue était restée vierge de toute circulation

Afin de laisser les gens marcher sur les trottoirs et la chaussée, pleins de cotillons.

Il sortit de sa poche, histoire de s’occuper, quelques feuilles de papier

Lui permettant d’avancer son travail d’écriture.

Elle trouvait le jeune homme que j’étais bien attractif, mais moi cette fille,

Je la voyais semblable à bien d’autres, et en particulier, à une de mes cousines

Me laissant totalement indifférent. Par contre, l’idée de son immoralité me troubla,

Mais rapidement, mon oncle me demanda de partir, alors, je me levais avec l’envie pressante

D’embrasser la main de la dame tout en me disant :

 » Faut-il le faire ou ne faut-il pas le faire ? « 

Puis, je cessais de me demander ce qu’il fallait faire pour enfin faire quelque chose.

D’un geste maladroit, aveugle, je portais à mes lèvres la main qu’elle me tendait.

La tête me tournait et je n’entendais plus trop les mots si gentils de cette personne

Voulant à tout prix me revoir contre l’avis de mon protecteur. Avant de partir,

Éperdu d’amour pour la dame, je couvris de baisers fous les joues de mon vieil oncle,

Et me promis de lui témoigner un jour, toute ma reconnaissance

Pour ce moment passé en leur compagnie. Bien que mon oncle me l’ait interdit,

Je ne pus agir autrement, je fis un compte rendu détaillé de cet après-midi… Trop

Extravagant aux yeux de mes parents. Je ne désirais pas causer d’ennuis à mon oncle,

Et pourtant je savais que ma famille détestait ce sale bonhomme. Alors pourquoi

Ai-je procédé de la sorte ? Innocent, j’imaginais le cerveau des autres comme

Un réceptacle passif, sans réaction spécifique sur ce qu’on y introduisait à l’intérieur.

Mes parents, après avoir avalé mon discours comme une boule puante,

Furent très en colère contre « cet homme pervers », avaient-ils précisé, et il en ressortit

Que mon père et mon grand-père eurent avec lui des explications assez violentes.

Patchwork (cliquez ici)

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