Tous les sentiments humains…

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Tous les sentiments humains cohabitent au même endroit, dans un volume restreint :

La boîte crânienne. Dans un rêve, par exemple, il peut nous arriver d’embrasser quelqu’un

Et de l’étrangler après, nous n’avons aucun problème à jouer ces deux rôles

Fait d’amour et de haine, aussi opposés l’un de l’autre. Au réveil, nous ne sommes nullement

Surpris par ces images, et nous démarrons la journée comme de rien n’était.

Les riches en premiers eurent peur et quittèrent leurs maisons bourgeoises avec famille

Et tout ce qu’ils pouvaient emporter, cela était criant surtout dans l’avenue principale,

Où il régnait une atmosphère d’exode comme pendant les guerres. Pour la majorité,

Les fuyards appartenaient à la haute société pour partir comme ils le faisaient,

Il fallait de sacrés moyens, des serviteurs, des carrosses à chevaux, des camions

Et des charrettes pour les meubles et les affaires de ces M’sieurs-Dames.

C’était là un spectacle bien triste et terrible à la fois, et je ne pus faire autrement

Que d’avoir des pensées fort sérieuses sur la misère et la condition humaine…

Je ne peux garder plus longtemps en moi un secret qui me dévore.

Il est temps, grand temps de m’en défaire en te l’offrant comme un cadeau :

Père, tu me fais peur depuis toujours et je crains le pire lorsque tu es là,

Mais aussi, lorsque tu n’y es pas. C’est pourquoi aujourd’hui, je me décide à t’écrire,

Ne sachant pertinemment pas si j’aurai le courage de te transmettre ces quelques lignes.

En permanence tu dis:  » J’ai travaillé durement toute ma vie, j’ai tout sacrifié

Pour mes enfants et pour toi particulièrement, afin que tu puisses apprendre

Ce que tu voulais et vivre comme tu l’entendais sans t’occuper de soucis matériels,

Ma seule demande eut été de recevoir en retour quelques marques

De sympathie de ta part… »

En réponse à ces mots, je t’ai fui, préférant me réfugier dans ma chambre

Auprès de mes livres et il est vrai, je ne faisais rien pour te procurer

Une quelconque satisfaction. Tu me trouves trop froid,

Bizarre et ingrat, à qui la faute ? Beaucoup de choses se passent contre notre volonté

Et rien ne peut changer, pas même maintenant où nous sommes plus âgés tous les deux.

Dans mon for intérieur, je n’ai jamais douté de ta bonté à mon égard, mais en formulant

Cette phrase maintenant, en suis-je toujours aussi sûr ? Indiscutablement,

Il y a quelque chose d’anormal dans notre sale relation, certes, je dois assumer ma vie

Sans avoir à te reprocher tous mes échecs, et quand bien même tu ne m’aurais pas élevé,

Je serai devenu ce que je suis, c’est-à-dire un garçon faible, anxieux, hésitant, inquiet,

Peut-être en d’autres circonstances aurions-nous fait de bons amis.

Patchwork (cliquez ici)

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