Un double à soi-même…

091

Aujourd’hui encore je reste émerveillé par cette faculté louche qu’ont les hommes

À être toujours prêt à reproduire le même au théâtre, pas seulement que là d’ailleurs,

Dans le travail, la vie intime, aussi. Ils font semblant comme des enfants …

Ils acceptent de mettre de côté leur personnalité propre pour jouer un autre,

 et ainsi baigner dans l’eau trouble du mensonge, tout naturellement.

Le théâtre c’est ça, un miracle renouvelé où tout est possible.

 » Ce matin m’est venue l’envie de revoir ce copain pas vu depuis bien longtemps,

Je cherche et trouve ses coordonnées sur internet, je téléphone, il me répond en personne,

Il me reconnaît immédiatement, ma voix n’a pas changé, me dit-il.

L’idée de revoir mon Rimbaud m’excitait énormément… Seulement,

La réalité et l’imaginaire ne faisant pas bon ménage, ce fut très dur, ce fut insupportable…

Nous nous étions vus la dernière fois il y a de cela près de quarante ans.

Quelle idée de vouloir remuer ciel et terre à ce point-là ?

Après qu’il m’ait fait revisiter ce deux pièces dont je me souvenais parfaitement,

Nous avons déjeuné dans un restaurant du coin. Terrifiante est cette réalité,

Terrifiant cet homme, cet ancien et magnifique poète devenu ce qu’il est là devant moi,

J’éprouve une indescriptible déchirure. Pourtant dans la vie, j’en ai vu des trucs

Et des machins, j’en ai avalé des couleuvres … Mais ici, maintenant, j’ai mal !

Dans ces situations, nous avons à affronter deux univers,

Celui de la mémoire avec ses souvenirs, ses belles images affectives, et celui du réel,

Trop rationnel peut-être ? Lui et moi, nous ne sommes plus sur la même planète,

Nous sommes étrangers l’un à l’autre, alors qu’avant, oui avant nous étions amis inséparables,

Amis liés à tout jamais comme des frères…

L’homme pèche, car c’est dans sa nature, personne n’y échappe ; ce péché est à tout moment

Dans nos fantasmes, nos rêves, les images que l’on produit nous-mêmes, que l’on regarde

Partout au cinéma, à la télé, dans la rue, dans les musées… C’est un thème majeur

Auquel j’attache depuis plus de vingt années la plus grande attention, nous y reviendrons.

Et pour ce qui est « des choses », des objets qui nous entourent au quotidien,

Que nous désirons posséder, qui nous aliènent, ces trucs de la société de consommation

Tant décriée, je serais moins critique, car je supporte par contre difficilement qu’une personne,

Qu’un peuple souffre de manque… Généralement, lorsqu’on prend un live pour le lire,

Plus encore pour travailler dessus, le minimum M’sieur-dames, est d’en aimer l’auteur.

Patchwork (cliquez ici)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s