La tristesse partout où le regard se porte.

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Le temps a marqué son visage, maintenant ridé, vieilli, son corps, en tout endroit dodu

Et aussi triste que cette salle à manger où flotte la tristesse partout où le regard se porte.

Gros plan sur son visage, la caméra se bloque, l’image floute, car tout est inconvenant

À l’enregistrement d’un tel témoignage. En elle se mêle l’expression double et troublante

D’une honnête veuve d’une part, à celle d’une commerçante des plus acariâtres.

Si vous êtes un tant soit peu physionomiste, en l’observant vous apparaîtra son histoire

Et particulièrement celle liée à cette maison, à cette pension, et j’aurai bien aimé,

Pour faire une rime, employer le mot passion, mais là je dépasse largement

Les limites du cadre littéraire imposé par Balzac.

Il est toutefois difficile de dire qui, de cette patronne ou de ce lieu, a influé sur l’autre,

Toujours est-il qu’ils forment maintenant un couple indissociable. Certains hôtes

Ont même comparé l’endroit à un hôpital, il y a un peu de cela en effet,

Du moins dans l’esprit de Madame Vauquer. Tous ses gens, elle les voit en malades

À traiter comme tel, à l’exception de l’hygiène. Cette pauvre dame d’un temps passé

N’a aucun charme rustique qu’on aime savourer dans certains musées anciens

Ou des châteaux entretenus avec gout, amour, et beaucoup d’argent.

Elle a toujours porté en elle le malheur,

Pour faire pitié et extorquer par la même occasion quelques argents

De plus que le tarif normal de la chose vendue, et n’aurait aucun scrupule à donner le nom

D’un tel à la police en cas de besoin. C’est peut-être dans la nature humaine d’être médiocre ?

À part ça, ce n’est pas une mauvaise femme, disent certains de ses clients la connaissant peu,

Pris de compassion pour cet objet inutile, mais encore vivant.

Et son mari, monsieur Vauquer, comment avait-il perdu sa fortune ?

À cette question, elle n’avait qu’une réponse longuement méditée :

Il s’était mal conduit envers elle et cela ne lui porta pas chance.

Peut-être avait-elle de bonnes raisons pour jeter la mémoire de ce défunt

Dans la trappe du Père Ubu, mais tout de même, un mort…

N’avons-nous pas l’obligation de tout lui pardonner ?

Patchwork (cliquez ici)

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