Maintenant elle payait ses fautes…

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Sous ses vêtements élimés, on pouvait deviner une maigreur radicale, franchement triste,

Loin de ce qu’elle avait pu être jeune. Mais qu’avait-elle donc vécu pour en arriver là ?

Peut-être avait-elle connu la rue, la violence des hommes, la misère,

L’outrecuidance des riches, des nantis… Toujours est-il que maintenant elle payait ses fautes,

Faisant fuir tout le monde tant elle provoquait la peur. Si elle ouvrait la bouche

C’était pour proférer des sons aigus vous informant de sa bonne action :

Accompagner un vieil homme abandonné par ses enfants, dont la richesse était secrète.

À sa mort, il lui légua une rente de mille francs par mois que les héritiers mettaient en cause

Devant les tribunaux. Toutes ces tracasseries la minaient profondément.

Plus elle parlait de son passé, plus on devinait les folles passions de cette femme

Encore belle si l’on y regardait à deux fois, et comme disait Serge :

« La beauté cachée des laids se voit sans délai… ». Ne nous égarons pas dans le temps,

Revenons à ces gens d’un autre siècle. Monsieur Poiret par exemple.

Vous auriez pu le croiser au jardin des Plantes, se promenant, sa canne à la main,

Ou bien profiter de la pelouse en s’y étalant délicatement, faisant attention à ne pas froisser

Sa redingote toute flétrie pourtant, cachant un corps maigre, tremblant, un corps

De vieil homme n’ayant plus de force pour marcher. Dans ce jardin, on peut y voir

De belles fleurs et de magnifiques plantes, le long de ces allées et contres allés.

Nous ne devrions jamais quitter Paris, cette ville a tout ce qu’il faut pour vivre heureux,

Plein de choses à faire et parfois sans bourse déliée.

Aujourd’hui, je regrette de n’avoir pas acheté ce bouquin faisant l’inventaire de ces lieux

Publics ou privés où les portes s’ouvrent à vous à la condition d’en avoir les codes d’accès.

Au lieu de rester sur place, on pactise avec le diable, on est en partance, on fuit, on voyage,

On oublie tout ce qui est à notre portée, chez nous, dans nos placards, nos tiroirs,

Et nos pièces habitées de nos propres habitudes…

Patchwork (cliquez ici)

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