Jour après jour, Je touille dans les mêmes marmites…

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Hier, à la bibliothèque, il ne s’est rien passé d’extraordinaire lorsque je me suis installé

Pour corriger des textes d’un livre que probablement je n’éditerai jamais. Jour après jour,

Je touille dans les mêmes marmites, retrouvant à chaque fois avec autant de bonheur

Mes quarante-sept auteurs sur lequel je travaille, j’ai l’impression de leur rendre un hommage,

Pas pour les mettre sur un pied d’Estal, ils n’ont pas besoin de moi pour ça, mais je le fais

Pour le plaisir que j’en éprouve à les revisiter à ma façon, et si vous ne comprenez pas

Ma démarche, c’est qu’au fond vous ne le voulez pas, ça relève de la mauvaise foi.

Il y a, paraît-il, au sous-sol du Ritz, une piscine où l’on peut prendre un brunch

Le dimanche midi, sur une terrasse donnant directement sur des bonnes femmes argentées

Faisant gili-gili dans l’eau chauffée, filtrée de la Seine. J’en ai vu la photo,

C’est le Club Med en mieux, faudra essayer ce truc un jour avec un ami ou bien tout seul,

Avant mon installation définitive dans une maison de retraite, car à ce moment-là,

Je ne sais pas ce qui me sera autorisé… Il n’y a pas plus triste que ces ghettos où le luxe

Met en relief la misère de la connerie humaine. Et d’abord, quel intérêt y a-t-il à être riche ?

Et puis, cet argent d’où vient-il, au détriment de qui est-il le complice ?

C’est toujours, toujours la même chose avec toi, tu n’acceptes rien, les gens ont bien le droit

De gérer leur vie à leur façon et de ne pas faire comme tu penses.

Ce que j’en disais, c’était pour le bien de l’humanité, tu comprends, je n’ai rien

Contre Terzieff, c’est un honnête homme, on ne va pas discuter là-dessus, et puis

Dire des poèmes, que veux-tu, tant qu’il y aura des poètes, faudra des gens pour les péter…

… Je l’aime bien Laurent, mais, tu vois, je me suis dit qu’il faudrait faire

Plus de « place aux jeunes ». Faire son cinéma dans un café autour d’un verre entre amis, Ok,

Mais pas sur un plateau et nous dans un trou noir. Tu sens bien à côté de toi ces gosses,

Qu’on a obligé à venir le voir au nom de la culture, ils s’ennuient à mourir, tu leur as demandé

Combien de fois ils sont allés au théâtre ? Trois fois qu’ils t’ont répondus,

Et toujours avec l’école, alors, tu es tranquille, après ça, ils ne risquent pas d’y revenir.

Ma mère découvre le chapeau d’homme que j’ai acheté pour moi. C’est quoi, qu’elle dit,

Je réponds c’est rien. Elle aime cet objet lui rappelant de bons vieux souvenirs,

Des hommes à elle, jadis, il y a longtemps, des hommes avec des chapeaux sur la tête…

Elle aime me regarder parfois, cela m’encourage à me faire belle,

À porter le chapeau et les lamés d’or par elle offerts un jour où elle aurait tout donné

De ce qu’elle avait, par pulsion de vie probablement.

 Patchwork (cliquez ici)

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