Sur un trottoir un dimanche matin …

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Lorsqu’il fait beau, il le mange ici, tu vois, sur cette planche posée sur ce tréteau

Récupéré sur un trottoir un dimanche matin sous la pluie à la fin d’un marché.

À la vérité, ce charmant garçon m’apparaît très simple, quand même !

Il m’a dit avoir un grand projet qu’il aimerait réaliser bientôt. À partir de la paille

Qu’on trouve partout près de chez lui, il veut faire un tatami pour dormir sur une bonne base,

Comme les Japonais, a-t-il précisé. À peine arrivé chez lui, j’ai remarqué tout de suite

Ce magnifique plateau de fruits frais, il est végétarien et franchement zen. Je me suis dit ,

Au fond matériellement, ce garçon n’a rien sauf ce tatami qu’il va construire…

Je n’ai jamais aimé les femmes enceintes alors vos formules du genre :

 » Ils furent très heureux et eurent beaucoup d’enfants  » ne me font ni bander ni rêver,

Mais vomir plutôt. Devant un bébé, je me sens plus vieux que je ne suis,

Je ne vois pas pourquoi j’aimerais ça, je ne suis pas masochiste. Et puis, y avez-vous pensé,

Faire des enfants qui finiront un jour ou l’autre par mourir… Non vraiment, merci.

J’en arrive à me dire que l’amour et la mort sont des choses proches, et vos histoires

De jouissances, non trop peu pour moi. Et qui vous dit que ces comportements amoureux

Tant valorisés dans nos sociétés ne portent pas malheur ?

Après une nuit désastreuse, les urgences sont arrivées et m’ont déposé à l’hôpital

Où je fus reçu comme un prince. À la maison j’ai oublié mon Pessoa, alors me voilà

Pour quelques jours sans lui ni d’autres maniaques de la plume remplissant ma bibliothèque.

Seul donc dans ma chambre d’hôpital, installé pour quelques jours, le temps nécessaire

À mon rétablissement qui ne saurait tarder maintenant.

Je vous passe les détails de la vie ordinaire lorsque la machine se refuse à marcher,

Qu’elle se dérègle pour une cause connue ou non, mais je ne veux nullement

Vous ennuyer avec mes bobos, car si je commence, je ne sais quand je m’arrêterai.

Si je vous en parle aujourd’hui, c’est qu’à chacune de mes entrées en ces lieux de la maladie,

Une impression persiste, elle revient toujours me rendre visite, elle vire à l’obsession :

L’hôpital est un lieu de démocratie parfait.

 Patchwork (cliquez ici)

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