Mes pudeurs d’adolescents…

164

Malgré mes colères contre ce sexe, lui et moi, nous devons reconnaître

Avoir été ensemble sur tous les coups, et lorsque nos discussions s’éternisent

Sur tel ou tel sujet, je le sens prendre de la distance, se taire, pour me jeter à la figure

Mille invectives sur mes pudeurs d’adolescents. Qu’y a-t-il de mal, de répugnant, de ridicule

À aimer feuilleter ces revues spécialisées où rien n’est caché, où tout est ouvert

À notre regard toujours propice à fomenter dans notre imagination les rêves les plus brulants.

Et puis, lorgner une fillette nue au travers d’une longue vue achetée au rabais sur le NET,

Est-ce si extraordinaire ? Non ! La voir occupée, comme toutes les femmes à ses soins intimes

Relève du voyeurisme le plus basique certes, et alors, la bonne affaire !

À la vérité, rien n’est plus beau que ces petits vols sublimes, ne les jugeons pas

Trop hâtivement avec notre rationalité … Après ses emphases habituelles, ses mots à lui

Pour justifier sa façon d’être, je le regarde en face et jette ce journal pornographique

Par la fenêtre, Le voilà sur le macadam maintenant, une voiture lui monte dessus,

Je n’y peux rien, Il est lardé par les zébrures des pneus de ce quatre-quatre de mes deux,

Et « lui » reste muet devant ce spectacle, je sens sa rage, son sang monte.

Devant la porte de la belle Fausta j’hésite, lui pas, il fait tout pour me convaincre

À aller la voir dans son lit, me déshabiller et me glisser auprès d’elle…

Tu es fatigué, las, sans muscle, sans os, le soleil tape et tu as chaud.

Dans la chambre voisine, quelqu’un va et vient, tousse, traîne les pieds, fait du bruit.

Dehors, c’est Paris. Tu es trempé de sueur, tu te lèves, tu vas à la fenêtre, tu la fermes

Et passes un gant de toilette humide sur ton front, et te recouche pour te reposer.

Le jour de ton examen arrive, mais tu n’y vas pas. Tu es bloqué, tu ne bouges plus

Malgré les préparatifs que tu as faits pour te réveiller. Rien n’y fait, partout

Les bruits crépitent de toute part, ça te paralyse. Sans le vouloir, tu vas te dédoubler,

Tu te lèves, te laves, te rases, t’habilles, et t’en vas, mais où ?

Malgré mon chalenge d’écouter le pape et rester six mois au moins dans la chasteté,

Lui me tenaille comme un mendiant quêtant sa pitance, son dû, son jouir.

Il arrive trop souvent à ses fins, sachant parfaitement y faire, le bonhomme argumente

Comme un animal fou, un chien en chaleur. Curieusement, il sait garder

Ce côté petit-bourgeois si cher à tant de littérateurs, et à le voir agir ainsi

Et avoir gain de cause, je m’amuse à le provoquer, à lui demander de formuler ses désirs.

Bien sûr, je les connais, refaire avec Fausta ce qu’il a toujours fait, et surtout me convaincre

De renouveler cette fête, au moins une ou deux fois par mois.

 Patchwork (cliquez ici)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s