On élimina les télévisions et les magazines féminins…

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Probablement, avant de mourir, devenait-il sénile, où alors, le faisait-il exprès

Pour scandaliser ses sbires, puisque n’ayant plus rien à perdre dorénavant.

On élimina les télévisions et les magazines féminins, politiques, médicaux

Qui eussent voulu savoir comment il avait attrapé un cancer aussi rare,

Dont il était si fier, c’était celui des bagnards incarcérés jadis à Cayenne,

Pour violences sexuelles… Il vivait donc sa maladie comme un signe de sa noblesse,

Un signe venant s’inscrire sur son corps obèse à la voix d’eunuque. Les médecins

Étaient surpris de le voir encore vivant à cet âge-là avec tout ce qu’il ingurgitait

Sans se soucier d’une quelconque hygiène alimentaire.

il fumait, en outre, ses vingt havanes par jour, était chaste et buvait peu,

Ce qui expliquait peut-être sa longévité, malgré un coeur étouffé par la graisse.

Il survivait, mais n’en avait maintenant plus pour très longtemps

Et le monde était sens dessus dessous, attendant tous les jours des informations,

Des reportages, et sa mort bien entendu. C’était affreux, beaucoup d’intellectuels

Ont essayé de tirer la couverture à eux en se demandant si le succès prodigieux

De cet écrivain était justifié, s’il n’avait pas en fait plagié, volé des auteurs inconnus…

Tout comme dans cette chambre où l’on vient me voir pour les soins, le ménage, les repas,

Dehors, je vois s’effectuer le travail de ces ouvriers, et me vient à l’esprit cette observation :

Ces hommes et ces femmes ont tous une chose en commun, un lien qui les tient :

L’amitié entre collègues.

Notre auteur habitait au rez-de-chaussée d’un immeuble,

Car se déplaçant en fauteuil roulant, il lui fallait avoir tout de plain-pied

Et n’être tributaire de personne, ne supportant plus les hommes. Une infirmière passait le voir

Vers 17 heures pour le laver, le rendre propre. Ses courses, il s’arrangeait à les faire lui-même

Chez l’épicier arabe près de chez lui. Par téléphone la plupart du temps,

Il arrivait encore à communiquer avec son secrétaire, mais employait tous les stratagèmes

Pour éviter de le voir. Cet homme habitait sous les combles de l’immeuble de l’écrivain

Qu’il continuait à vénérer pour ses actions humaines exemplaires, hors du commun,

Sa charité et cette générosité que l’on pouvait retrouver et revivre dans chacun de ses livres.

Par contre, il terrorisait les journalistes venant le questionner,

Souvent ils avaient l’impression d’être des correspondants de guerre.

 Patchwork (cliquez ici)

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