Un amant malheureux…

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– D’où venez-vous bel homme ?

– Du bout du monde et d’à côté de chez vous, mais laissons cela,

L’essentiel est ailleurs, j’aimerai vous voir un jour me lire,

Car je n’écris pas pour les érudits, les intellos,

Je suis un amant malheureux qui erre seul dans la nuit,

Et pour vos beaux yeux, ma belle, j’écrirais les plus beaux poèmes…

– Vous ne pouvez pas souffrir autant que moi,

Moi, voyez-vous, je souffre vraiment car je m’ennuie. J’ai tout, et pourtant

Je suis comme quelqu’un n’ayant rien, rien, ni personne à aimer.

– Votre mal n’est pas sans remède, dis-je résolu, à quoi pensais-je, diantre ?

Vous dites ne plus rien ressentir, cela est triste en effet, oh jolie dame,

Il est temps d’y remédier, peut-être pourrions-nous faire connaissance plus amplement ?

Je quittais Paris deux jours après lui, mais par erreur je me suis trouvé à Rouen.

Le soir ne sachant que faire j’allais pour me distraire au théâtre, j’y ai fait

Mon théâtre à moi autour d’un monde inconnu auquel je dévoilais mon projet :

Dans un domaine acquis honnêtement, avec un ami nous nous installons tout près d’ici.

Inquiet, je pensais à Pécuchet toujours en voyage, traversant la Normandie en carrosse,

Avec bagages et efforts, de Caen à Falaise, pour arriver au bout de neuf jours à Chavignolles.

Ce ne fut pas facile pour lui, car le chemin menant à notre propriété s’était confondu

Avec la campagne environnante, heureusement, rien ne l’arrête jamais,

Pataugeant dans la boue et hué par les chiens des paysans, il demanda son chemin

Et c’est à ce moment-là précisément que Dieu en personne le mit sur ma route :

Insouciant, j’étais confortablement installé dans ma voiture où il put m’y rejoindre enfin.

Nous ne savions pas où étaient passés les déménageurs avec nos affaires,

Nous ne voyions nulle part ni leur camion plein à craquer, ni âme qui vive,

Nous avions peur qu’ils leur soient arrivés un malheur. Au bout d’une heure,

Nos hommes et leur cargaison parurent dans le chaos de la broussaille. Les voyages

Sont ce qu’ils sont, on arrive à bon port parfois, ce fut le cas pour nous maintenant.

Je sentais notre conversation entendue, écoutée de l’autre côté

De la porte entrouverte, et tout cela ne me posa aucun problème moral.

 Patchwork (cliquez ici)

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