Ma maîtresse dans sa chambre…

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La maman lisait entre les lignes de mes mains, elle lisait mon avenir,

Disait ce qu’il y avait au fond de moi… Dans cette maison, comme un coq en patte,

Libre comme l’air je faisais ce que je voulais. Le soir à peine venu, la nuit à peine tombée,

J’allais rejoindre ma maîtresse dans sa chambre, dans son lit et nos corps

Ne demandaient rien d’autre que d’être dans cette liberté que tout le monde connaît,

Cette liberté inscrite en nous, dans nos gènes, depuis Adam et Ève,

Depuis notre naissance, ce besoin féroce de chercher à cor et à cri une femme

Ou tout autre support, pourvu qu’il apporte un apaisement à cette tension fiévreuse,

Diabolique parfois, souvent, qu’importe puisque cela est permis,

Autorisé par les instances supérieures, autant qu’elles puissent exister.

Depuis la nuit des temps, l’amour a bonne presse,

Sauf pour les prêtres et autres marginaux…

Tous ces mots ne disent pas ce qui se passe dans ces moments-là,

Et d’ailleurs le faudrait-il ?

Laissons parler nos corps tant qu’ils le peuvent encore,

Ce n’est pas à quatre-vingts dix ans que nous pourrons en faire autant,

Même si l’homme a des ressources dont on ne mesure pas toujours

L’intensité. Alors, dans notre cas de figure, en cet instant

Où nous nous touchions, tout était permis, nos vêtements s’en allaient valser

Dans la déchirure de cette chambre qui connut trop de solitude,

D’ennui, de rêves, de phantasmes inassouvis, et maintenant

Ne privons pas notre plaisir à l’explosion de cette activité réparatrice.

Alors bien sûr ses seins pleins du lait de l’abstinence ne demandaient

Qu’à être dévorés sans réserve, Dieu que rien ne vienne déranger

Ce sacrifice à l’autel de l’amour. Et pendant que le feu de nos chairs

Se donnait l’un à l’autre sans se soucier du malheur du monde

Ou du bruit qu’il entrainait, une question me tiraillait, m’obsédait :

Que pouvait-il se passer ailleurs, dans la tête de la jeune fille,

Qui dans la pièce d’à côté ne pouvait pas ne pas entendre

Ce couple nouvellement constitué s’autorisant autre chose

Que de partager un repas aimablement, un verre de vin,

Ou une promenade en forêt en toute convivialité.

 Patchwork (cliquez ici)

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