Zizi Jeanmaire et Roland Petit…

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Zizi Jeanmaire et Roland Petit habitaient un très bel hôtel particulier,

Dont les portes étaient toujours fermées. J’aurais bien voulu entrer à l’intérieur

Pour visiter la cour. J’avais vu au cinéma de mon quartier :

“Folies bergère” et “Mauvais garçons” et je dois vous faire un aveu :

Zizi a été mon premier amour… Taisez-vous j’ai honte !

Formidable une fille comme ça, avec son truc en plumes, me disais-je.

Elle avait l’âge de ma mère mais pas le même genre. Quelquefois, je la voyais

Boire son café au comptoir avec sa fille, j’aurais bien voulu être son fils moi aussi,

Être avec eux, dans ce bistrot.. Pendant ce temps, mon père, dans l’appartement exigu

Que nous occupions légalement, s’était installé ouvrier à domicile. Pour lui,

Le travail, il le faisait, mais juste ce qu’il fallait pour vivre et jouer au bridge,

C’était pas le gars à mettre de l’argent de côté où à se constituer un patrimoine,

Comme ses enfants l’ont fait plus tard. Maman et moi, nous allions livrer

Les vestes en cuir faites à la maison, je ne sais plus si nous prenions un taxi ou

Si nous y allions en autobus ou en métro. Ce qui m’a toujours surpris,

C’est que mon père ayant fait le choix de rester pauvre jusqu’à la fin de ses jours,

Avait des amis très riches. Il a toujours aimé ça… Être pauvre

Était pour lui une jouissance. À quoi cela correspondait dans sa tête ?

Avec votre permission, pour ce soir, j’en resterai là.

Arrivé à la maison, Jean-Paul, un collègue de bureau, était là à m’attendre.
La table était mise, il n’y avait qu’à se laisser servir par le maître de maison.

Au cours du repas, Jean-Paul nous dit envisager l’achat de la petite grange

Que l’on voyait au loin, histoire de ne pas avoir de voisins plus tard, au moment de sa retraite.

Toi, tu nous servis le champagne bien frais apporté la vielle. Nous commençâmes

Le repas zen assis sur son tatami, il avait pris l’habitude de faire son pain, le reste,

Il l’avait cuisiné bien soigneusement à notre intention à tous. Dehors, des amis arrivaient

Avec une bagnole super smart. Sur le pas de la porte, nous nous sommes tous fait la bise,

Ils nous ont apporté du coca-cola, ça tombait bien, on n’en avait pas.

À la télé, toujours les mêmes problèmes avec le blablabla des gens riches

Qui se plaignent des gens pauvres…

Patchwork (cliquez ici)

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