Des bons vivants aimant la plaisanterie…

261

On s’amusa beaucoup devant une statue en plâtre d’un gout des plus douteux,

C’était une jeune fille nue bien accroupie, et à chaque passage devant l’objet

Nous émettions tous deux quelques grivoiseries nous rappelant que nous étions

Des bons vivants aimant la plaisanterie et la gaudriole…

Les bourgeois de Chavignolles, curieux de nature firent tout pour nous connaître,

Ils passèrent les uns après les autres devant la propriété, cela nous irrita, alors

Avec des planches et des clous, nous fîmes en sorte de garder secret notre intimité.

Pour nous protéger du soleil, un mouchoir blanc acheté à Paris me servait de turban,

Et pour mon ami une simple casquette faisait l’affaire parfaitement.

Et donc dans le village on jasa sur Pécuchet et moi…

Lorsque mon ami s’occupait d’autres choses que d’Olga, j’en profitai pour sortir avec elle

Et l’amener se promener, en tout bien tout honneur, dans la forêt tout près d’ici.

Comment expliquer à une personne normalement constituée, mon bonheur à aimer une vache,

À ressentir d’aussi fortes émotions comme s’il s’agissait d’un être humain vivant

Et debout sur deux pieds, j’allais dire sur deux pattes… Je le reconnais,

C’est troublant de vivre cette aventure-là, mais quand ça vous arrive,

Comment voulez-vous repousser un bien-être aussi violent,

D’autant que cela ne dérange personne, pas même mon ami, inconscient

De ce qui se trame dans sa propre demeure, de ce manège partagé à deux.

Elle avait une démarche digne des plus beaux mannequins, quel délice de la voir

Déambuler entre les arbres tout en me regardant du coin de l’oeil

Pour savoir si j’étais heureux aussi.

Oui je l’étais, pourquoi le lui cacherais-je, en quoi serais-je coupable d’aimer un animal

Au point de vouloir lui ressembler, être comme Grégor Samsa

De la Métamorphose de Kafka, être la bête moi-même.

Un jour, comme tous les hommes, à l’occasion de sa deuxième puberté,

Mon père trompa ma mère avec son unique employée.

Jamais il n’aima autant aller au travail que pendant ce temps-là.

Probablement en accord avec elle, sur un coup de tête, ils décidèrent d’aller en Italie,

Peut-être à Venise, car Venise en général, côté romantisme c’est pas mal.

Il nous laissa, nous, toute la famille, avec la boutique sur les bras, alors

Maman prit les rênes et moi la machine à coudre pour confectionner,

C’est con d’avoir des souvenirs aussi dégradants, mais enfin c’est la réalité

N’ayons pas de gênes, écrivons comme ça vient,

Et pour la première fois de ma vie, je cousais sur sa machine,

Lacan tais-toi, laisse-moi continuer sinon je vais craquer,

Je cousais donc des morceaux de cuir en patchworks pour faire des housses de coussins

Que l’on exposait sur la devanture du magasin pour les vendre quatre sous.

Patchwork (cliquez ici)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s