Pour le garçon…

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Il se trouve que de ces premiers jours, ces premiers mois sur terre, l’enfant ressent

En son corps d’une manière abstraite, inconsciente, toutes les saloperies humaines

Dont il devra faire face avec ses pauvres moyens :

Ses sourires, ses pleurs, sa bonne ou sa mauvaise santé…

Pour le garçon, à la maison à priori tout va bien, seulement un autre

Aime cette femme, cette mère… Conclusion : cet homme est un rival, un rival fatal.

Comment empêcher cet enfant d’avoir de la haine à l’égard de son géniteur ?

Je ne suis pas sûr qu’il veuille le tuer, mais enfin c’est tout de même son ennemi,

Certainement le pire.

Le drame humain, le drame de chaque homme, réside dans le fait qu’il doit construire

Son identité sexuelle par rapport à celle de cet homme de la pire espèce.

Là est le conflit originel expliquant probablement tous ceux des hommes entre eux…

Cet été, mon cher Sigmund, j’ai lu pour la première fois « La métamorphose » de Kafka

Texte récupéré sur Internet gratuitement… C’est pas comme tes consultations…

Je te taquine, j’aime bien te taquiner. Kafka n’est pas pour moi une icône,

Un exemple à suivre, un concept, non, c’est un simple témoin de ce que nous sommes…

Dès la lecture des premières phrases, j’ai éprouvé de la répulsion face à cet homme

Métamorphosé en cafard, dans cette maison, dans cette chambre, dans ce lit,

Cet enfermement, cette schizophrénie.

Curieux de la description qu’il fait de sa famille, de son chef de bureau

Et de toutes ses obsessions névrotiques, psychotiques, je fus rapidement

Raccroché à cette lecture, me demandant ce que tu en aurais pensé,

Toi le spécialiste de la folie.

Je viens de recevoir le tome 3 de ta correspondance avec Ferenczi, pour la période 1920-1933.

Des salauds ont sorti de je ne sais quel placard, une lettre de toi, écrite en 1933,

Où tu donnais ton avis sur l’installation des juifs en Israël.

Je trouve scandaleux d’avoir sorti cette lettre, alors que ta volonté était

Qu’elle ne soit lue que par celui à qui tu l’avais adressée à l’époque.

Pour moi, c’est un réel problème que ce problème-là :

Le non-respect des dernières volontés d’un être.

Sans vouloir t’ennuyer encore avec Kafka, lui, en dehors de la « Métamorphose »,

Il voulait voir tous ses autres écrits brûlés ou détruits après sa mort.

Son éditeur était son exécuteur testamentaire et son ami.

Deleuze dit qu’il faut se méfier de ses amis comme de la peste…

Patchwork (cliquez ici)

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