Écrire ces moments privilégiés..

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Les arbres ne jugent ni les hommes ni les bêtes, alors pourquoi priver notre plaisir ?

Vivre ça aujourd’hui est mon seul et unique objectif. De tout temps, je n’ai jamais voulu

M’habituer aux bonnes choses de la vie, ayant trop peur de m’y complaire

Au point de ne pouvoir retomber sur mes pieds le moment venu où tout redevient normal,

C’est à dire inintéressant au possible. Je préfère de loin écrire ces moments privilégiés,

Les collectionner dans des boites de carton, des dossiers, des fichiers informatiques,

Les mettre dans un coin de chez moi, ainsi je les coince, je les immortalise en quelque sorte.

Seulement là, j’avais décidé d’agir autrement, j’oubliai mon habitude de m’interdire

Le bonheur puisque trop éphémère. J’accédais à un niveau où l’écrit n’avait plus sa place,

Seul comptait le réel, le vécu, le reste devenait insipide, transparent. Je me trouvais

Honteux d’annihiler tant d’années d’effort à respecter les normes établies par moi

Dès ma tendre enfance, pour en arriver sur ce truc

Ne me paraissant pas très propre dans le fond.

Mon père, horloger de profession,

Eut l’idée curieuse de naître dans une famille composée d’une ribambelle

De quinze enfants, ce qui n’arrangeât en rien ses affaires. Mon grand-père maternel,

Relativement riche, accepta de donner sa fille à mon père, car ils formaient couple

Depuis l’âge de huit ou neuf ans. Tous les soirs, ils aimaient déjà se promener ensemble

Au bord de la rivière, à dix ans ils devinrent inséparables, à tel point

Qu’ils ne se séparèrent jamais. Du coup, les frères et les soeurs de ces deux familles

Se marièrent entre eux avec la bénédiction de tous, alors, en choeur, ils allèrent

Voir monsieur le maire et hop là boom et tout le monde était content. Ma mère,

Sa beauté absolue, son esprit, ses talents lui attirèrent les bonnes grâces de la haute société.

Cette Olga de mon coeur, ne m’appartenait pas, des fermiers en étaient les propriétaires

Et s’ils avaient eu écho de notre relation, à coup sûr j’en aurai eu pour mon grade.

Mais laissons ces réflexions débandantes, pour la regarder sans m’en lasser, sans inquiétude.

Mon ami le peintre continuait à l’utiliser comme modèle pour ses croutes,

Je ne disais rien, je savais qu’en fin d’après midi elle me reviendrait,

Comme tous les jours au même endroit à la même heure. Elle était là au rendez-vous

À m’attendre bien sagement, nous étions heureux de nous retrouver après

Une longue journée de solitude et d’abstinence. Alors rapidement,

Ne voulant pas perdre cet « être ensemble », nous venions à l’essentiel,

Seuls, loin de tout le monde, entre nous régnait l’harmonie parfaite qu’on peut trouver

Chez des êtres qui s’aiment normalement. Après, nous retrouvions nos maisons respectives,

Elle dans le près, moi près de mon ami au coin du feu. J’avais l’impression de la comprendre

Mieux qu’un humain et, me rendant la politesse, elle savait tout de moi sans que j’eusse

À m’expliquer, à me justifier comme sur le divan d’un psy.

Patchwork (cliquez ici)

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