Retour à la table familiale…

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À ces mots, la voilà parti bouder de l’autre côté du jardin et moi

Ce bouquet à la main, un peu imbécile, mais heureux d’avoir commis

Un imper qui probablement me servira un peu plus tard.

Retour à la table familiale, dehors le temps est bon, l’air est chaud.

La mère est revenue de son marché, elle dispose le bouquet

Dans un vase blanc sur une nouvelle nappe verte à petits carreaux

Dont j’ai surement parlé ici un peu plus haut. Elle paraît reposée, heureuse,

Faire l’amour est bon pour la santé comme chacun sait, mais innocente,

Elle ne se doute de rien de ce qui se trame sous son toit,

Je me dois de ne faire aucune allusion sur les intentions étranges

Qui parcourent mon âme en ce moment si paisible, si bienveillant.

Mais je ne pense qu’à une seule chose : rejoindre ma chambre,

Car je sais qu’elle viendra m’y rejoindre à peine notre liberté retrouvée,

Loin de sa mère. Et en effet, à peine ai-je mis le pas dans mon pré carré

Que la voilà sautant dans mes bras, mes bras qui la saisirent

Comme dans mes rêves les plus fougueux, elle m’embrassait

Et je la remerciais à ma façon, en la prenant comme un objet,

Comme une femme, mais vite, trop vite, sans raison apparente, subitement,

Elle disparut, me laissant là, planté comme un idiot au milieu d’un bois.

Vous avez fait vos courses au BHV et en sortant, rue de Rivoli, vous traversez la rue Lobau,

Passez devant la mairie de Paris et dirigez vos pas vers la Seine. Lorsque vous aurez traversé

Le quai sans vous faire écraser, penchez-vous et regardez bien en dessous.

Avant, la voie sur berges n’existait pas, il y avait à la place un petit jardin

Où nous allions avec ma mère. Un endroit où elle amenait ses marmots jouer

Avec d’autres gosses du quartier, leur donnait leurs casse-croûtes

Tout en jactant avec ses copines. Les péniches passaient et nous,

On les regardait bêtement sans savoir où ils allaient. En fait, on fuyait l’exiguïté

De la chambre de bonne que nous habitions alors rue Sainte-Croix de la Bretonnerie …

Mon Dieu, mon Dieu, je vais vous faire pleurer !

Patchwork (cliquez ici)

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