Je la mordis jusqu’au sang…

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Un jour, devant maman, j’eus une crise et mon rire se transforma en provocation,

Je la regardai droit dans les yeux, tout en riant aux éclats. Sa première réaction

Fut de me mettre sa main dans la bouche pour boucher le son, mais rapidement

Elle la retira, car je la mordis jusqu’au sang sans le vouloir.

Nous avons connu des hivers froids, des souris mortes coincées dans leurs tapettes,

Mais une plus résistante que les autres m’a tenu compagnie, je l’entendais

Aller et venir dans ma chambre, peut-être cherchait-elle de quoi se nourrir,

J’aurais voulu en faire une amie, mais ma mère ne l’entendit pas de cette oreille,

Elle l’a piégea un soir de colère.

Une fois, très jeune encore, je me trouvais seul à la maison et un homme en soutane

Rodait pas loin de chez nous, je n’étais pas inquiet puisque

C’était un parent à Dieu, seulement je ne sais pourquoi lorsqu’il s’approcha

Trop près de la fenêtre je ne pus faire autrement que de lui donner un coup de fusil

Avec la carabine de maman, je l’ai fait à sa place,

Elle n’était pas là pour le faire elle-même. À son retour, pas contente

D’avoir un mort inanimé devant chez nous, elle appela la gendarmerie

Pour nous en débarrasser. Tout le monde a pensé qu’il s’était suicidé,

Mais on ne trouva jamais l’arme l’ayant aidé à accomplir sa tâche,

Mais comme c’était un clochard, on ne fit aucune enquête, et dans le fond

Ce n’était pas plus mal de mon point de vue. Depuis ce jour-là, je n’ai plus jamais

Touché à un fusil, je lui préférai l’école où j’étais entré avec bonheur et

Dès les premiers jours je me fis remarquer par mon enthousiasme à aider la maîtresse

À faire régner l’ordre dans la classe. Dès que je rentrais à la maison, j’accompagnais ma mère

À éplucher les légumes, à la soutenir dans ses occupations quotidiennes.

Quant à mon père, il m’enseignait la composition des aliments

Et pour me montrer son savoir, il improvisait de longs discours sur tout et n’importe quoi,

Ça n’avait pas d’importance, l’essentiel pour lui était de parler à son fils.

Il dissertait sur de minuscules objets tournant dans l’atmosphère à la vitesse de la lumière,

Je regardais fixement le filament de la lampe me demandant si elle avait un rapport

Avec les mots de mon père… Au bout d’un moment, j’en arrivais à penser à l’autre sexe,

Et me revint cette image de mon institutrice me donnant une fessée et où

J’avais pour la première fois ressenti quelque chose …

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