Taisant mes désirs …

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Ces mécanismes de mon enfance m’ont toujours accompagné

Sans que je puisse les maîtriser par ma seule volonté, me rendant

Trop souvent timide, timoré même, peu entreprenant en tout cas auprès des femmes,

N’osant rien leur dire, rien leur faire, taisant mes désirs au point de ne rien montrer,

Surtout auprès des personnes dont j’avais le plus envie. Toutefois,

Je gardais en moi cette rencontre ayant soulevé mon coeur, pour en développer,

Une fois entré dans ma chambre, tous les contours et les possibilités.

Je devenais alors un jeune premier aux genoux de la dame, implorant son amour,

Ses pardons pour toutes mes fautes commises envers elle et ses consoeurs,

Je m’enflammais le sang au point de non-retour et mon imagination

Donnait à ma jouissance un niveau à nulle autre pareil,

Et rien ne put supplanter ces habitudes de jeunes garçons.

Maman s’est toujours bien occupée de moi, préférant me voir gentil

Plutôt que méchant avec mes camarades, et mon père, comme elle,

Se mettait à la suivre sur ce chemin houleux, oh combien discutable.

Alors à l’école je me tenais penaud dans mes basquets et mon jean serré,

Restant calme coute que coute, quant au fond de moi bouillait le feu ardant

D’un Cypango dans ses mines lointaines, heureusement les portes des sésames

S’ouvrèrent à la voix de son maître auquel je vouais une adoration ravageuse.

J’avais reçu d’ailleurs l’ordre de n’adresser la parole à aucun homme sauf si

On me l’avait présenté auparavant d’une façon formelle.

Comme Rousseau, je ne devais toucher à rien de la chair des autres et

Consacrer mon temps aux études et à l’admiration de ma sainte maîtresse…

Mais sans arrières pensés.

Avancer les pions était sa stratégie, pas à pas elle m’entraînait

Dans un gouffre, j’allais à ma perte, goulûment, volontairement

Je me laissais glisser sur cette pente douce du contour

De ses jambes d’adolescente provocante, cherchant son chemin

Dans ce monde si aride, si sec, du monde extérieur. Il me fallait la rassurer,

Lui dire qu’on l’aimait sa maman et moi, ici, dans cette maison,

Nous la protégerons de tout, de tous, voilà notre devoir d’adultes

Responsables envers ceux et celles qui n’ont pas encore connu

La réalité de la vie dans ce qu’elle peut avoir parfois de nuisible.

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