Ici…

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Ici, il passe son temps à boire, je le laisse faire, n’ayant pas l’intention,

Ni même la volonté de le contrarier. Parfois j’ai honte de n’avoir su aimer,

Seulement je relativise, je ne suis qu’un homme et on ne naît pas saint, on le devient.

Tout se mélange en moi, ces souvenirs anciens se mêlent à bien d’autres, plus récents,

Sans que cela ne gêne le déroulement de ma pensée,

Ces associations aléatoires permettent peut-être, surement,

Une meilleure compréhension de ma pauvre condition humaine.

Si l’on me voit passer dans la rue, qui peut imaginer voir en moi autre chose

Sinon un homme sain, honnête et marchant droit ? Je suis ça en effet,

Mais je suis un autre aussi, et si je devais me définir je dirais, porter dans ma chair

L’ensemble des sentiments humains, les bons et les mauvais, bien entendu.

Je me souviens avoir assisté il y a longtemps à la réunion d’une société au nom étrange : « Maje ».

À cette époque-là, je cherchais du travail et cette entreprise lançait en France

De nouveaux produits dont la commercialisation relevait de l’escroquerie :

Il s’agissait de payer une forte somme d’argent pour entrer dans leur bal,

Ensuite nous étions assurés d’avoir un avenir prospère. La méthode ressemblait

À celle employée par Tuperware, avec des mécanismes de commandes en cascades

Venant nourrir votre portefeuille client sans trop vous casser la tête…

Bref, on pouvait devenir riche rapidement en un tour de main. Seulement, je n’ai jamais été

Ouvert à ces arguments de voyous, du coup, je n’ai jamais fait partie de cette secte.

Mon récit m’a donné beaucoup de mal, surtout au début, maintenant j’en suis à la fin,

Et eux, donnent l’impression de vouloir en faire quelque chose, un livre peut-être.

C’est dans la tête, elle ne marche plus. Elle dit : je ne marche plus…

Vous pensez, c’est du Marguerite Duras, non ça n’en est pas, ma tête en a assez.

Phrase après phrase, on se dit qu’après ce sera fini. Une pensée traverse l’esprit,

Alors on essaye de la formuler sur ces feuilles qu’il m’apporte tous les dimanches,

Car c’est toujours ce jour-là qu’il vient, du moins d’après ce qu’il me dit.

Patchwork (cliquez ici)

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