Il était conformiste…

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Dans le fond, il était conformiste, cet acte le prouvait bien, et maintenant

Nous pouvons classer sans remords cette affaire bien ennuyeuse. Seulement voilà,

La vie n’étant pas aussi rose en ce monde où les uns mangent et les autres crèvent,

Parfois la roue tourne et tout à coup tout bascule, on ne comprend pas bien ce qui arrive,

On panique, on appelle au secours, mais rien ne vient tant la demande est grande

Et le gouffre profond, alors que faire, on crapahute dans les brancards,

On désespère la petite, l’emploi est perdu à tout jamais que même les patrons

Sont partis faire leurs affaires dans des contrées où les gens ne sont pas difficiles,

Là où une chambre pour dix suffit largement et un kilo de céréales par personne

Et par semaine rassasie tout le monde, alors, baissant les bras jusqu’à terre,

Nous nous murons pour résister au pire…

Toutes ces femmes m’aimaient bien, et moi, je leur racontais des histoires

Auxquelles je croyais dur comme fer, ce qui m’inquiétait un peu. Parfois,

On me traitait comme si j’étais un chien, guili-guili sur le ventre et sous leurs doigts,

Je devenais une poupée, un enfant poupée, un poupon qu’on met tout nu dans la baignoire

Pour le laver avec les mains de toutes ces dames, de tous ces messieurs,

Le mettre au dodo comme un bébé qui rit quand on le touche …

À force de penser j’arrive à dormir, je rêve du pape,

Je lui dis que tout homme normalement constitué, deux fois par semaine environ,

Doit vider une semence secrétée par le corps, soit en faisant l’amour à une autre personne,

Soit en s’organisant tout seul. Ce besoin humain, personne n’y déroge,

Ni les prêtres ni les curés, pas même le pape.

Bien entendu cela vous le savez, et quand je dis vous,

Je parle des gens d’Église qui depuis deux siècles ont trouvé

Des parades implacables à l’attention de leurs sbires. Je ne veux pas les connaître,

Car aucune ne peut être satisfaisante, ne peut me convaincre que ces hommes

Soient hors fantasmes, différents de nous, c’est ainsi, nous sommes tous faits pareillement.

… Et je veux savoir comment ils s’organisent avec ces fantasmes justement.

Monsieur le curé venait à la maison une fois par semaine et même qu’un jour

Il me demanda, les yeux dans les yeux, si j’aimai ma mère.

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