Mais tout à une fin, Séphora ferme à 19 heures 30…

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Ils aimaient ces parfums à ne pas décoller du magasin, et j’essaye celui-ci,

Et puis celui-là, il était d’une autre tenue il y a dix ans, il a perdu de sa superbe,

La qualité n’est plus ce qu’elle était, ils ne pensent qu’à se faire du fric,

Mais aux clients, mon père disait tout le bien qu’il pensait de ces produits de luxe.

Au bout d’un moment, à force de venir tous les jours, les responsables du magasin

Nous avaient remarqué, mais comme nous étions très corrects, ils nous laissaient

Parcourir à pied toutes les allées, librement, d’autant qu’à l’intérieur l’air y était si frais,

Si pur, quant l’extérieur virait à la canicule. Il m’est arrivé d’aller ailleurs

Pendant ce temps où ils se prenaient pour des vendeurs-conseils en parfums

Ce qui évidemment éveillait en eux tous les souvenirs anciens du temps où

Dans leur boutique ils faisaient leurs affaires avec des fioles à six sous.

Mais tout à une fin, Séphora ferme à 19 heures 30, alors je les prenais à la sortie

Pour les amener casser la croute à la Pizza d’en face. Avec eux,

Je ne suis jamais en retard, et d’ailleurs ils ne le supporteraient pas,

Ils me feraient toute une histoire ; je ne m’y aventure pas, car en vieillissant

C’est comme ça, et puis, je suis leur fils, pas leur chien.

Une fois, ils me regardèrent bizarrement comme si je n’étais pas leur fils,

Mon image ne leur disait plus rien, ils se sont même posé la question

De ce que je leur voulais à 19h30 à la sortie de ce magasin de Séphora…

Heureusement, le directeur de l’établissement les ayant prit en sympathie,

Leur donna quelques repères pour me reconnaitre, ce qui fut couronné

D’un succès évident : ils me firent un sourire, mais dans le fond,

Une incertitude persistait, accompagnée d’effluves d’un parfum dont le nom m’avait échappé,

Ce qui m’inquiéta énormément à ce moment-là. Sinon, les matins, je les passais

Au Monoprix et les après-midis, j’allais au cinéma sur les Champs.

Les bourgeois, retirés dans leurs appartements sont comme des vieilles demeures

Pittoresques autour d’immeubles flambants neufs. Ici, notre vie s’organise paisiblement,

Loin des passions, des désirs et des vaines agitations du commun des mortels.

De chez moi, j’ai la vue sur une petite maison basse avec des colonnettes.

  Patchwork (cliquez ici)

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