J’avais quinze ans…

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La femme avec qui vivait mon père m’avait dit en ce jour triste :

 » J’espère te voir te comporter convenablement en son absence … ». Je n’ai rien répondu.

Elle continua à parler, mais je ne l’entendais plus. J’avais quinze ans et je mesurais

La gravité du malheur qui nous frappait. Elle m’a regardé, devina je ne sais quoi

Et soupira, les yeux au bord des larmes. Nous étions dans la cave, il y avait aussi

Un ancien employé à mon père, comptable, ami de la maison… Un faux ami.

Je n’aimais pas sa façon de se comporter trop obséquieuse :

« Patron » par ci, « Chère madame » par là, et le tout arrosé de baisemains.

Avec moi, il prenait toujours un ton enjoué, il ne portait pas d’étoile jaune, nous oui.

Mon père et lui négociaient quelque chose, je n’avais aucune confiance en cet homme,

À sa tête ronde au teint mat, à ses deux incisives ressemblant à des abcès qui crèvent.

Il était question qu’il emportât chez lui « la marchandise » appartenant à mon père.

Il s’agissait d’une boite dans laquelle on avait mis tous les bijoux et objets précieux

De notre famille. Mon père avait employé ce mot de marchandise pour

Ne pas me choquer, pour me cacher cette transaction entre son ancien comptable et lui,

Juste avant son départ. Il n’a pas voulu accepter le récépissé que l’homme voulait lui faire,

Disant « qu’entre nous, on n’a pas besoin de ça ».

L’autre était content de ne pas laisser de trace de cet accord…

Patchwork (cliquez ici)

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