Patchwork – deuxième chapitre…

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À la librairie du musée du Jeu de Paume où je feuilletais un livre des écrits de Picabia,

Je disais au vendeur qu’il était rare de trouver une bonne plume de la part

D’un bon peintre (Pensais-je alors à moi ?). Il me rétorqua qu’il y avait ceux

De Kandinsky, ses ouvrages sont très INSTRUCTIFS, c’est formidable !

Je lui répondis du tac au tac :  » Je ne lis pas pour m’instruire »,

Lui, interloqué, me répond : dans ce cas, il ne faut pas lire, Monsieur…

J’aime pas qu’on m’appelle « monsieur »… Bref, j’ai quand même acheté le Picabia,

Mais à peine ai-je quitté la caisse, un regret m’a pris à la gorge :

Mais pourquoi lui ai-je dévoilé ma perversion : je lis pour le plaisir ?

Quand je serais grand, mon cher Sigmund, je serais professeur de philosophie

Et la première leçon que je donnerai traitera du principe de réalité. J’inculquerai à mes élèves

La première préoccupation de tout homme :

« Comment me débrouiller dans ce monde, comment vais-je gagner ma vie ? »

Toi, on ne peut pas t’en vouloir d’avoir gagné ta vie sur le dos de tes patients,

En général, c’est comme ça la médecine, la sécu est en faillite, tu t’en fous,

Tu écoutes la parole des souffrants… Je te rassure, maintenant personne ne s’offusque

D’un tel comportement, il est accepté… Pourtant, pourtant, est-ce une bonne chose

Que d’associer ce besoin vital « du salaire » à ces questions de l’âme humaine ?

Tranquille, pépère, j’ai reçu hier en entrant chez moi, une lettre d’elle

Ouverte accidentellement par je ne sais qui, une personne voulant probablement

En savoir plus sur moi et sur le genre de courrier me parvenant par la poste.

Je n’ai pu m’empêcher d’accuser mon facteur, car je le soupçonne de s’ennuyer un peu,

Depuis qu’il a moins de boulot. Cette lettre donc, je te la lis telle que je l’ai reçue.

Mon cher Doudou,

Ayant quelques soucis d’argent actuellement, je me suis permis de vendre

Quelques unes de tes toiles entreposées dans ton grenier, et qui n’ont aucun intérêt.

Je les ai montrés au marché de la rue Edgard Quinet, seulement il m’a fallu

Baisser les prix, les acheteurs se font de plus en plus rares, particulièrement

Sur tes oeuvres, car à côté de mon stand, il y avait une dame, qui elle, vendait

Celles de son mari, un certain Doucet, Jacques Doucet, mort il y a peu,

À un prix, je ne te dis pas, alors que c’est de la peinture comme toi tu fais.

Chapitre 2 : cliquez ici

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