Chapitre 28

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Mes lèvres s’en donnaient à cœur joie au salutaire exercice

De l’échange mutuel des liquides, mon excitation exacerbée

Par la salive, la sueur chaude, la moindre odeur, ma pénétration

Frôlant mille fois les limites de l’apogée, mais mille fois retenues

Ne voulant nullement en finir avec ça, non, je voulais que cela durât

Encore et encore, le plus longtemps possible,

Je voulais que l’on nous entende partout

Et d’à côté de surcroit plus que tout.

Et pendant que nous faisions nos affaires, que faisait-elle

Dans sa chambre ou même dans le couloir ? Nous observait-elle

Par le trou de la serrure, par quelques fissures de la porte,

Porte ancienne, porte rustique plein de charme où l’interdit peut

Se dévoiler puisque caché au regard d’une vierge encore enfant.

Que cela lui donnât des idées est bien dans la nature des choses,

Mais qu’y pouvais-je faire ? C’est son histoire à elle, me disais-je,

Je n’ai pas à intervenir dans sa vie intime, c’est son affaire, voilà tout.

Et nous, nous continuions à jouer à papa maman dans la luxure la plus grande,

Nous fichant de tout, plus rien ne comptait que notre plaisir,

L’exacerbation de nos sens longtemps réprimés, longtemps mis à l’épreuve

De la chasteté contre notre volonté, ainsi va la vie de ceux qui n’ont pas fait

Le choix d’aller voir monsieur le maire ou monsieur le curé. Et puis,

Pourquoi le cacher, j’aimais cette chair s’offrant grassement

À mon appétit de loup dévorant sa proie, grasse, masse digne

Des plus belles nymphes de nos peintres et poètes préférés

Ceux d’hier surtout et de toutes tendances artistiques confondues.

Mais je l’entends, elle pleure. Je devine ses larmes, goutte à goutte,

Couler le long de ses joues, je l’imagine triste, seule, déprimée,

Mais rien ne m’arrête, à la va-que-je-te-pousse mon entrain

S’en trouve redoublée, je me mets à aimer cette mère

Comme si elle était le reflet de la fille, mère-fille jumelle

Je ne désire rien d’autre que de rester au chaud, dans cet habitacle

Fait pour moi, fait pour ça. Je savais qu’elle souffrait, mais c’est la vie,

Moi aussi j’ai souffert, j’ai été jeune et j’ai connu des moments semblables

Avec des amis peu respectueux à l’égard des enfants lorsqu’il s’agissait

De satisfaire leurs besoins d’animaux en rut. Je savais combien

L’on pouvait mal vivre d’être rejeté, car c’est bien de cela

Qu’il s’agit en pareille circonstance, le syndrome du rejet

Dévore la jeunesse trop souvent et l’on garde tout au long

De son existence les stigmates de cette blessure mal soignée.

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