Fascicule du Monde…

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Voilà les références relevées dans ces dix pages, de 16 à 25, du fascicule du Monde.

– Les Variation Goldberg, L’empreinte de l’ange, Prodige, Lignes de faille, de Nancy Huston

– La Mouette de Tchekhov

– Bartoldi le comédien, de Robert Pingaud

– Belle du Seigneur, d’Albert Cohen

– Le Grand Meaulnes, d’Alain Fournier

– Aurélia, de Gérard de Nerval

– Au Château d’Argol, de Julien Gracq

– La Recherche du temps perdu, de Marcel Proust

– La Dame aux camélias, de Dumas fils

– Pierre et Jean, Une vie, Boule de suif, de Guy de Maupassant

– Système des Beaux-Arts, d’Alain

– Essai sur le roman, La Nuit de la Saint-Jean, Défense des Lettres, de Georges Duhamel

– L’Homme révolté, d’Albert Camus

– Courrier Sud, Vol de nuit, Terre des hommes, Le Petit Prince, de Saint-Exupéry

– Le Voyage de monsieur Perrichon, d’Eugène Labiche

– La vie de Henry Brulard, de Stendhal

– Cahiers d’André Walter, d’André Gide

– Manifeste du surréalisme, d’André Breton

– J’abats mon jeu, de Louis Aragon

– Papiers collés, de Georges Perros

– Les Arbres et les jours, de Jacques de Bourbon Busset

– Défense de Narcisse, de Philippe Vilain

– Les Fleurs de Tarbes, de Jean Paulhan

– Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France, de Pierre Goldman

– Je sors ce soir, Génie divin, de Guillaume Dustan

– Rapport sur moi, de Grégoire Bouillier

– Charité, de Frédéric-Yves Jeannet

– Amer eldorado, de Raymond Federma

– La vie sexuelle, de Catherine Millet

– W ou le souvenir d’enfance, je me souviens, de Georges Perec

– Pas un jour, d’Anne Garréta

– Journal du dehors, d’Annie Ernaux

– L’inceste, de Christine Angot

– L’Enfant éternel, de Philippe Forest

– Philippe, de Camille Laurens

– Chrétiens, Zone, de Jean Rolin

– Sortie d’usine, Daewoo, de François Bon

– La Maladie de Sachs, de Martin Winckler

– Les Particules élémentaires, Plateforme, de Michel Houellebecq

– Promenade, Univers-univers, de Régis Jauffret

– Le Post-exotisme en dix leçons, Dondog, de Volodine

– Ingrid Caven, de Jean-Jacques Schuhl

– Madman Bovary, de Claro

– L’Adversaire, d’Emmanuel Carrère

– Doggy bag, de Philippe Djian

– We are l’Europe, de Jean-Charles Masséra

Ajoutez à cela : Blanchot, Derrida, Debord, Modiano, Guyotat, Echenoz, Quignard, Michon, N’Diaye, Barthes, Foucault, Marc Lévy, Breton, Duras, Lacan, Aristote, Valéry, Chloé Delaume, Renaud Camus, Valère Novarina, Dominique Fourcade, Jacques Roubaud, Jude Stéfan, Philippe Beck, Olivier Cadiot, Tarkos, Nathalie Quintane, Bernard Heidsieck, Charles Pennequin.

Le Texte théâtral et sa représentation, du XVIIe siècle à nos jours.

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Idée géniale…

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Aujourd’hui comme à l’époque, je trouvais intéressante l’idée selon laquelle

Toutes les œuvres actuellement stockées dans les sous-sols de nos musées nationaux

Soient vendues à des particuliers, pour financer les jeunes artistes

Et maintenant je dirais volontiers : à venir en aide à tous nos SDF, avec obligation

Pour ces nouveaux propriétaires, de mettre ces oeuvres à la disposition des musées,

Ain de les montrer au public, gratuitement. Bref, je n’ai pas fait fortune avec cette idée géniale !

Les erreurs sont permises, mais les jugements, les évaluations et les notes seront interdits.

Les moyens merveilleux actuels permettent cette approche sans pour autant

Dépenser plus d’argent, au contraire, une politique d’économie doit s’inscrire

Dans le comportement de ces enfants, afin de solliciter leur inventivité plutôt

Que la satisfaction immédiate de leur désir. Est-il possible de faire de tous ces gosses

Des passionnés ? Oui, cela est possible, et cerise sur le gâteau, la passion de chacun,

Exposée en classe, formera le corps de cet enseignement fait par les élèves pour leur classe…

Hum, c’est chouette ! Écrire permet d’avoir de bons sentiments à moindres frais,

Me dira-t-on et on aura raison, mais que voulez-vous que je fasse de plus,

Sinon penser un autre monde ?

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Jean-Michel Basquiat…

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Je me réveille un matin avec l’envie d’aller voir de la peinture,

Je prends le journal et là, il y a la photo d’un jeune gars que je ne connais pas,

C’était Jean-Michel Basquiat. L’expo se passe dans une galerie. Merde, je n’y vais jamais,

Mais pour ce coup, je n’avais pas le choix, nous étions en 1989 et du Basquiat,

Il n’y en avait pas dans les musées à Paris.

Là-bas, face à ce machin qui me tombait sur la tête, tout de suite je compris une chose :

Il y avait donc eu quelqu’un d’autre que moi ayant été confronté à l’essentiel,

En passant par le médium de la peinture. Vous sautez au plafond :

Et la modestie, qu’en faites-vous ? La modestie est l’apanage des imbéciles.

Basquiat est sans conteste le plus grand de tous les artistes d’hier et d’aujourd’hui.

Il a absorbé tous les malheurs du monde pour tout recracher sur ses toiles.

À vingt-huit ans, il est mort bêtement d’une overdose, quel con !

Des gens dans le privé, pas vous, pas moi, ont des œuvres d’art

D’une valeur inestimable, des millions de francs, d’euros maintenant.

En 1996, ils les ont mises à la disposition du musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Pour une expo méga monstre, digne des plus belles d’entres toutes, car

Les  « privées », vous savez, ça sait de quoi ça parle,

Dans le domaine des arts, faut pas leur en raconter…

Oui, mais où veux-je en venir avec ce discours ?

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Survivre…

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A ces mots, Brutus se leva brusquement de son fauteuil Roche et Bobois

Et alla rejoindre sa famille, pour les accompagner à Fontainebleau … Où, à 14-15 ans,

J’allais passer quelques W.E., dès les premiers beaux jours de printemps.

Quittant la famille pour commencer à vivre, respirer autrement, essayer de survivre.

Il y avait les petits hôtels-restaurants, les petits menus, les petites chambres,

Les livres que j’emportais et qui racontaient des histoires de bonnes, vivant et travaillant

Dans de petits hôtels-restaurants, avec petits menus et petites chambres…

Qui en étaient les auteurs ? Je ne m’en souviens plus… Peu importe,

Me reviennent maintenant les images de ces salles ordinaires où l’on me servait à manger

Et où il n’y avait pas beaucoup de monde. A vrai dire, je n’étais qu’un pauvre gosse

Gouttant, heureux, la liberté, le temps qui passe, mais seul, seul sans les autres…

Freud se dit heureux avec les siens, mais se plaint de ne pouvoir travailler

Dans ce pays de rêve qu’est la Hollande. Il est vrai que lorsque tout va pour le mieux,

On n’arrive pas à créer : le bonheur c’est formidable, mais ça peut vous rendre stérile.

Je pensais – deux points ouvrez les guillemets – lorsqu’un individu a trouvé enfin

Sa raison d’être, il se place, à priori, en dehors de la violence envers les autres

Et envers lui-même. Cette pensée m’a occupé dix secondes.

Alors, me suis-je dit : si j’ai une pensée géniale comme celle-ci toutes les dix secondes

À la fin de la journée, j’ai intérêt à me reposer, sinon, ça risque de crasher grave.

Seulement, de ce thème de la violence, j’avais quelque chose à en dire…

Mais je suis infoutu de m’en souvenir ?

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Une homosexualité sous-jacente…

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Tout le monde sait que l’eau est symbolique de sexualité. Veut-il éviter

L’épreuve du vertige, d’un trouble avec son ami dans l’instabilité des roulis ?

Y a-t-il, entre eux, une homosexualité sous-jacente ou quelque chose s’y apparentant :

Une quête d’un ami idéal, d’un autre soi, une quête jamais satisfaisante ?

Et si l’homosexualité, ce n’était que cela ?

Vers six heures du matin, j’ai dévalé les sept étages de son immeuble

Et je l’ai laissé seul, récupérer son lit qu’il m’avait donné pour dormir par terre.

J’étais surpris de ne pas être triste après ce moment dont la joie était si absente.

Ces situations désagréables, je les accepte mieux maintenant,

Ils ne me détruisent plus comme avant… J’éprouvais maintenant,

Le besoin de marcher pour m’aérer un peu et purger

Sa souffrance récupérée par osmose, par empathie,

M’en défaire, me retrouver en respirant tout

L’oxygène de ce jardin du Champ-de-Mars,

Désert à cette heure si matinale.

Cette chambre, la sienne, je l’ai beaucoup aimée. Elle représentait pour moi

Le symbole du minimum vital idéal. Il y avait ce qu’il fallait pour vivre, un coin-lit,

Un coin table, un coin lavabo, un coin rangement et les waters sur le palier.

Me faisait-elle penser à d’autres chambres mansardées de mon histoire personnelle ?

Réveillait-elle mon désir, ma quête de solitude, de tranquillité ?

Comme c’est souvent le cas à Paris, elle n’avait pas de lucarne, mais une grande porte-fenêtre

Donnant sur un petit balcon donnant lui-même sur les arbres de l’avenue de Suffren

Et l’hôtel Hilton situé juste en face. Bref, lui habitait une simple chambre d’étudiant et moi,

Un vaste appartement dans un château…

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Correspondance Freud/Ferenczi…

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Voltaire et bien d’autres comme lui, symboliquement, dans ma tête,

Représentent la bourgeoisie, la culture avec un grand C.

Alors, j’en ai déduit : « Ces gens-là, ne sont pas fait pour moi ».

Cette association, je ne pourrais jamais la faire disparaître de mon cerveau,

C’est comme cela et on n’y peut rien et des trucs comme ça, on en a des millions en nous,

Incrustées je ne sais où, d’une manière immuable, on n’y peut rien,

Je vous le dis, M’dame, c’est terrible, c’est affreux !

L’auto-analyse permet-elle de se dire, voilà maintenant je n’ai plus besoin de personne,

Je roule tout seul, super, bravo, je suis guéri…

Non, l’auto-analyse n’est qu’un élément d’un certain travail,

Pour qui veut s’intéresser à son passage ici-bas.

Dans la correspondance Freud/Ferenczi, j’apprends ce détail :

Freud a cinquante-quatre ans et Ferenczi trente-quatre,

C’est à dire vingt ans de moins, soit la différence d’âge qu’il peut y avoir

Entre un père et un fils, ce qui expliquerait pas mal de choses de leur relation,

Mais je ne vais pas m’attarder là dessus pour l’instant, revenons à l’auto-analyse…

La psychanalyse a changé ma vie et je lui en suis grandement reconnaissant.

Pourtant, de l’art et de la psychanalyse, j’aurai pu tel mon père, m’en passer

Et consacrer mon temps à un travail manuel, à la famille, et comme tout le monde

Passé la cinquantaine, à une maîtresse toute belle et toute jeunette.

Entre Freud et Ferenczi, les histoires de chambres n’en finissent pas.

Alors qu’ils préparent un voyage pour la Sicile, Sigmund écrit à son ami le 6 août 1910 :

« … Nous ne pouvons avoir que deux mauvaises cabines ou alors en partager

Une meilleure à nous deux, je sais que nous nous sentirons tous deux à l’étroit… »

Encore une fois, vous l’avez remarqué, un coup j’te veux, un coup j’te jette.

Il invite Sandor chez lui pour aller à Gand, Bruges, Bruxelles et ensuite prendre le train

Pour Milan, Rome et enfin Palerme, où ils séjourneront tous les deux en amoureux

Trois semaines. Il veut éviter le bateau, pourquoi, je n’en sais fichtre rien,

Mais c’est comme ça, avec Freud rien n’est facile.

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stigmates d’humanité…

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Lorsque je suis en vacances avec lui, dans ses bras je me détends facilement,

J’évite les touristes, chez nous, ils ne viennent jamais, il n’y a rien à glander.

Mais enfin, comme nous ne sommes pas des sauvages,

Il nous reste encore quelques stigmates d’humanité, alors nous avons fait

Contre notre gré, la connaissance de Monsieur et Madame Tardiféron, des cons infinis,

Dont le mari travaille à T.E.F. « Terre Et Famine ».

Bref, on préfère être seul, le plus souvent.

Sur les murs de la boutique du château de Blois étaient accrochées des reproductions

Pour touristes, et heureusement, quelques bouquins de Calaferte représentant

Ses toiles de fruits et légumes. Il se considérait plus comme écrivain que comme peintre,

Je veux bien, mais son travail pictural m’a beaucoup plu, je le dis, car je le pense.

Tous les mercredis à quinze heures, il alla donc, pendant dix semaines,

Dire à son jeune et beau psychanalyste, les maux de son mal, heureusement,

Ponctué par l’humour qu’il n’avait pas perdu, faisant éclater de rire ce psy, payé

Par chèque et remboursé par la sécu.

En fait de maux, ce qu’il voulait, c’était vider le trop-plein d’émotions

Qu’il avait accumulé depuis le jour de sa naissance. Le psy a beaucoup insisté

Pour qu’il fît une analyse de dix ans. Mais de la psy, il ne voulait point

En devenir l’esclave, et l’autre, pas bête, se souvenant d’une autre période, où

Ce même client n’était passé à son cabinet que trois fois, mettait quelques réserves

À s’investir dans cette histoire. Ce qu’il voulait, c’était faire la peau aux images

Contradictoires se bousculant dans son esprit. Pauvre naïf, pauvre ignorant,

Comment pouvait-il imaginer effacer quoi que ce soit de cette réserve où le destin

De ces images, est justement d’y rester jusqu’au dernier jour, comme matériaux de base

À exprimer je ne sais quelle situation de la vie courante, de la vie tout court.

Son rêve était-il d’aller vivre à Trouville-sur-Mer, pas trop loin de Marguerite Duras,

Il est probable que son psy n’ait apporté aucune attention à ces discours-là.

 » Les psys, ça sert à quoi ?  » lui avait demandé sa soeur.

Cette question lui revenait en boucle comme une mélodie, avec mélancolie,

Tout au long du parcours psy de cette période.

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