Psychanalyse avec Lacan

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J’apprends, à la page 273 du livre d’Anzieu, qu’il commence une psychanalyse avec Lacan

Et va en transcrire des bribes ici même. J’attends la suite pour en prendre connaissance …

Nous sommes en 1944. C’est la fin de la guerre. Hitler. Les Allemands. Les camps.

L’horreur de ce que les hommes sont capables de faire à d’autres hommes. Expliquer.

Depuis longtemps j’attendais le moment où je ne pourrai reculer devant cette tache

Tache d’huile, tache d’encre, dire les mécanismes qui font que l’impossible est possible.

Il se présente à moi sans pudeur aucune, comme si nous nous connaissions

Depuis la nuit des temps. Ce type a ce que j’ai le plus en horreur, il a une grande gueule

Et si vous le rencontrez, soit vous bouchez vos oreilles, soit vous vous enfuyez.

De plus, il paraît malade au dernier degré et on compterait ses dents de travers,

Tant sa bouche ouverte nous dévoile ces horreurs d’un autre temps.

Tantôt vous le verrez en forme, tantôt mourant. Mais aujourd’hui il est en lambeaux,

Sans souliers, il va, la tête basse, on est tenté de lui donner l’aumône.

Peut-être demain sera-t-il en pleine forme et vêtu comme un prince. Ainsi vit-il.

Le matin, pense à là où il déjeunera, puis après satisfaction, pense à là où il dînera,

Sans parler des tracas des nuits passées dans un grenier loué un prix qu’il ne peut plus payer,

Il va dans un vulgaire bistrot ouvert la nuit en attendant le matin.

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Nous nous quittons parce qu’il le faut…

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Chère amie, nous nous quittons parce qu’il le faut.

Ne vivons plus ensemble du seul fait de l’avoir décidé un jour.

D’aucune façon, nous ne devons accepter la médiocrité, car très vite

Elle se transformera en fardeau qu’on portera longtemps sur notre dos,

Histoire d’avoir quelque chose à porter plutôt que rien du tout.

Regarde, s’il te plaît, tous ces gens à la mine déconfite

Par la marmelade du quotidien, les coups, la violence

De ces mâles sur ces femmes aux cernes marquées

Qu’on croise dans le métro, le matin, lorsqu’on va au boulot.

Mais nous savons tous qu’être malheureux c’est aussi exister.

De surcroît, le bonheur est trop éphémère pour prendre

Des engagements sérieux avec un autre que soi, à long terme, s’entend…

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Théâtre/Bordel…

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Un après-midi, j’étais assis comme d’habitude, mais cette fois-ci à n’écouter personne.

Je fus abordé contre ma volonté par un personnage digne du théâtre d’en face,

Un « Bouzin », honnête et malhonnête, de qualité bonne et mauvaise.

Depuis des mois et des mois, j’ai toujours peur, je ne m’en sors pas.

Je ne peux même pas aller au théâtre pour y entendre

Les jérémiades d’un gars me ressemblant comme deux gouttes d’eau

Se plaignant de tous les maux de la terre devant ses spectateurs,

Des gens innocents ayant payé leur place pour se divertir, sortir de l’ordinaire

De leur quotidien merdique, de leur peur et surtout, surtout de l’ennui.

Ce n’est pas la première fois que j’éprouve ce sentiment,

Depuis le temps que je fréquente ces édifices faits pour penser à autre chose

Qu’à ses propres petits malheurs, ces édifices comparables

À ces maisons de passe de jadis que je n’ai pas connues.

Cette association Théâtre/Bordel, je me devais de la faire,

Sinon elle m’aurait trotté dans la tête toute la soirée et serait sortie

Malgré moi à un moment ou à un autre. Bien sûr je pourrai vous dire de quoi j’ai peur,

Mais cela n’aurait aucune conséquence sur mon schéma mental ou le vôtre,

Dévoiler mes peurs ne servirait à rien ni à personne, sinon je le ferais,

Car j’ai une réelle volonté d’apporter aux hommes

Des connaissances nouvelles qu’ils n’ont pas encore.

Je suis tellement dans ma peur que je ne sais plus

Comment c’était lorsque je n’avais pas peur.

Mais ce temps-là, a-t-il vraiment existé ?

Je n’en sais plus trop rien, seulement

Je sais qu’aujourd’hui ce n’est pas comme hier, c’est pire,

J’aimerai sortir de ce trou, de cet enfer.

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Je pense, et plus je pense…

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Le théâtre peut-il me guérir de toutes mes maladies ?

Oh, comme je vais mal pour me poser de telles questions !

Il n’y a pas de miracle dans le domaine de la maladie,

Tout ce qu’on vous dit c’est du pipeau, la vérité est là, on est seul,

Et on souffre, un point c’est tout, passe-moi le beurre, ça suffit.

J’aime aller tous les jours me promener du côté du Palais-Royal,

Que voulez-vous, on ne se refait pas lorsqu’on aime Paris, ses rues, ses jardins…

Ce jardin-là est l’un des plus engageants et j’y vais souvent seul, rêvant sur un banc

Qu’on appelle d’Argenson. Je pense, je réfléchis à l’actualité, à la politique,

À la philosophie, en y ajoutant pour me distraire, quelques souvenirs de plaisirs

Dont je vous parlerai plus tard. J’ai une tendance toute naturelle à laisser

Mon esprit gambader où bon lui semble, sans le contrarier, l’invitant même à développer

Ce qui au demeurant pourrait être mis dans un placard et fermé à double tour.

Je pense, et plus je pense, plus mes pensées me transforment en un garçon

Se donnant à la prostitution… Il n’y a rien de honteux à le reconnaitre.

Sur la place de la Comédie-Française se trouve le café de la Régence. Là, souvent,

J’aime à voir ces hommes jouer aux échecs, c’est l’endroit idéal pour les observer

Déplaçant des pions d’une case à l’autre et proférant à qui veut bien les entendre,

Les pires insanités. Certains de ces acteurs sont très intelligents, par contre,

Il n’est rien de dire que d’autres sont d’une sottise à devenir sourd le reste de ses jours.

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Quitter le monde…

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Quand il finit ses études de jurisprudence, ne manquant de rien grâce à un père

Subvenant parfaitement à toutes ses dépenses personnelles, son diplôme en main,

Il invita ses camarades au restaurant pour fêter sa nomination en province

À un poste de fonctionnaire très important. Avant ce moment de réjouissance,

Il avait préparé ses bagages, acheté des costumes, des cravates et tout ce qu’il fallait

Pour occuper ce travail qu’il allait prendre dans la plus grande dignité.

Il voulait impérativement partir avec les plus beaux habits, tout ce qu’il pouvait

Y avoir de meilleur pour l’accompagner là où son père lui avait décroché

Ce poste auprès du gouverneur. Rapidement, il trouva ses repères, s’organisa

Comme s’il était à l’école, mais cette fois-ci, il était le maître à bord

Et il n’était pas question de n’en point profiter. Il travaillerait à construire sa carrière,

Sans oublier heureusement de profiter des bonnes choses de la vie.

Lorsqu’il m’a été donné de faillir quitter le monde, de mourir, le théâtre, curieusement,

M’a souvent servi à survivre, et même s’il n’a pas été créé pour cela,

Moi, je l’ai utilisé à cette fin, et je ne m’en plains pas,

Il a toujours été d’une efficacité redoutable, il a fait son métier,

Il ne m’a jamais laissé tombé comme les psychanalystes …

Mais pourquoi je m’en prends à ces gens-là aujourd’hui ?

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L’Immaculée Conception…

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Il n’est pas facile de dire ce qu’on a dans le cœur, mais

Si un jour ma pièce voit le jour sur scène, je serais ravi d’entende

Les bruits que mon ventre fait contre ma volonté, les gargouillis,

Plein de gargouillis. Sur un plateau de théâtre tout peut être dit,

Tout est possible et même l’Immaculée Conception…

Pourquoi l’Immaculée Conception ?

Le théâtre est un fourre-tout, j’y mettrai l’essentiel,

Ma vie même lorsqu’elle voudra s’en aller dans le vide, se perdre

Dans le labyrinthe du n’importe quoi.

Avec les femmes de ce monde, il connut quelques joies sensuelles, et puis,

Les largesses de ces bourgeois lui ont permis de ne jamais manquer de rien,

Tout en gardant les reines d’une certaine réserve à tenir dans notre institution.

À l’école de droit, comme toute personne, il avait commis des actes détestables

Dont il n’était pas fier et n’en faisait pas état dans ces réunions où chacun

Dit ce qu’il veut pour se faire valoir, se faire mousser. Au fur et à mesure qu’il avançait

Dans sa carrière de magistrat, il passa sur ces frasques de jeunesse et finit par les considérer

Dans le fond fort peu répréhensibles, puisqu’humains en quelque sorte…

Il avait vu comment les hommes de la haute société agissaient tous les jours,

Il résolut donc de tout passer à la moulinette du père Ubu.

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La psychanalyse est une grande chose…

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Il avait le sens de l’autorité, de la justice pour toute chose,

Et surtout il se plaçait du côté des gens influents ayant le pouvoir, sans toutefois tomber

Dans la caricature de ces fonctionnaires si souvent dépeints à leurs désavantages

Dans des pièces de théâtre classiques ou contemporaines. C’était dans son caractère

De vouloir venir en aide à cette population de riches, et si on lui demandait

Le pourquoi de cette préférence, il ne savait quoi répondre, sinon des banalités

Du genre : on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Certes,

Mais enfin, de là à s’assimiler à eux, à s’en faire des amis, tout de même…

La psychanalyse est une grande chose,

Mais le jour où on en a besoin, il n’y a plus personne…

Je ne sais si ce que je vous dis là fait échos en vous, mais

Pour moi, c’est clair, j’ai connu ce truc fou où l’on se trouve

Tout à coup seul devant des montagnes à franchir,

Ce truc qui vous tombe dessus, patatras

Et vous n’avez aucun moyen, aucune force pour y faire face,

Vous n’êtes plus rien qu’un tas de guimauve amorphe.

Je ne veux pas vous attrister, vous ennuyer avec mes problèmes,

Chacun a ses trucs personnels…

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Un rebut de la société

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Son plus jeune frère devint un raté, un rebut de la société : il avait trouvé un poste à la SNCF.

Inutile de vous dire la honte qu’il inspirait à sa famille, on l’évitait comme la peste,

On disait de lui qu’il avait les mains sales, loin de la propreté de celles de son père,

De ses frères, toujours impeccables. En dehors de ces trois mâles, il y eut une fille,

Elle fut mariée à un baron, fonctionnaire comme il se doit, histoire d’avoir un salaire régulier,

Car être de la noblesse ne paye plus comme jadis. À Pétersbourg, Ivan Ilitch passait

Pour être un gentleman, ni froid ni chaud. Il était intelligent, vif, agréable, mais neutre.

Des trois enfants de la famille Ilitch, le dernier ne fit pas d’études prolongées,

Car probablement n’était-il pas fait pour cela, alors qu’Ivan, lui, alla jusqu’au bout,

Brilla à chaque classe pour arriver à être le plus doué, mais aussi le plus optimiste

De ses condisciples ayant fait le choix, comme lui, d’étudier le droit.

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Texte capital !

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Sur le Musée d’Art Contemporain du Val de Marne 

Croyez-vous acceptable qu’aujourd’hui encore il faille, pour justifier les frasques

De ces F.R.A.C ( Fonds Régional d’Art Contemporain) construire encore de nouveaux tombeaux,

De nouvelles ruines pour conforter l’idée qu’ils ne se sont pas trompés dans leurs erreurs

Et qui sait, leurs dégueulasses magouilles à faire cracher l’argent du peuple ?

De Vitry à Paris il n’y a qu’un pas à faire pour emmener des gosses à Beaubourg

Ou au Musée d’Art Contemporain de la ville de Paris, et une fois l’an à la FIAC, pourquoi pas ?

Dépenser tant pour n’avoir qu’une copie conforme de ce qui existe partout, mille fois répétés,

Alors que la misère est scandaleusement présente, criante à tous les coins de rue…

Dépenser tant d’argent pour n’avoir que ça, est-ce acceptable ?

Encore une fois, avec leurs consentements, certains artistes sont pris en otages,

Pour faire le jeu des institutions qui les nourrissent, qui les utilisent

Comme des marionnettes, des gosses irresponsables… Leur rôle d’artiste

N’est-il pas justement de veiller, de dire non, à chaque fois que rien ne va plus ?

Au lieu de cela, on leur impose ce qu’ils ont à faire et ils le font…

Enfin pas tous, heureusement.

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