« Une société sans école »

Fortuna

Si chaque corporation s’occupe de ses propres enfants, de substantielles économies

Seraient enfin possibles dans un monde où tout coute si cher… N’est-ce pas ma pauvre dame !

Et là, sans le vouloir, nous nous approchons du thème si cher à Illich :

« Une société sans école ». Tout le monde devine les limites de telles dispositions :

Le boucher n’enfantant que de petits bouchers, à l’image de ce qui se passe actuellement

Avec les enseignants produisant de futurs docteurs… Trouvez l’erreur.

Nous avons beau remuer ces hypothèses dans tous les sens, rien n’est pleinement satisfaisant,

Les inconvénients toujours se révèlent et nous devons en bons élèves trouver la parade

Au risque de passer pour un amateur de la pensée révolutionnaire. Seulement,

Lorsque les parents n’ont aucune profession spécifique entrant dans la liste des métiers

Offrant un revenu et une occupation journalière reconnus valable et acceptée

Par l’ensemble d’une population hautement responsable, que faire de ces gosses vivants

Chez eux n’importe quoi, n’importe comment, et dans des conditions que je préfère

Ne pas détailler pour l’instant. Dans tous les cas, ils seront considérés exclus,

«Exclus pour toujours».

Mais ne perdons pas notre temps sur cette minorité comptant pour du beurre

Dans les statistiques sur lesquelles nous allons compter pour notre analyse hasardeuse.

Même si cette démonstration est loufoque, nous devons chercher où la vérité se cache

Dans ce cauchemar. À y regarder de près, chaque enfant vit au moins deux vies,

Celle de l’école où il est étranger comme nous l’avons démontré tout à l’heure

(sauf s’il est enfant d’enseignant bien entendu), et celle de la famille, où il est un peu plus

Chez lui, plutôt bien, plutôt mal. Là, il voit vivre ses parents avec leurs métiers,

Leur mode de fonctionnement tellement différent, tellement opposé à ceux de l’institution

« Éducation Nationale ». Ces deux univers antagonistes provoquent obligatoirement

Une confusion dans l’esprit de l’enfant, parfois des conflits douloureux se mettent en place

Insidieusement, entrainant des crises de la part des enfants ; pire, de celle de leurs parents

Qui en arrivent même dans des situations extrêmes, à se séparer à cause des gosses.

Pour la paix des familles, l’école n’est pas ce qu’il y a de mieux ! Mais gardons le moral,

Et reprenons nos révisions, sinon nous n’aurons pas le BAC cette année.

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L’école est à eux…

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On a vu passer dans les journaux il y a quelques jours la statistique suivante :

Les enfants des enseignants réussissent mieux leurs études que toute autre catégorie sociale.

Évidemment, comment voulez-vous qu’il en soit autrement, puisque ce sont eux

Qui enseignent à leurs propres enfants, et une fois à la retraite, ce sont toujours les mêmes

Qui donnent ces fameux sujets pour réussir au BAC. Ne faisons pas de fixation,

Chacun a sa vie, avec ses bons et mauvais côtés, comme dit Madame Rimbaud, ma voisine

Malade de la tête actuellement. Donc, si vous êtes enseignants et avez des enfants,

L’école est à eux, puisque c’est vous qui la faites. Poussons le raisonnement jusqu’à l’absurde,

Affirmons que cette institution est construite pour ces enfants-là, et que les autres

N’ont rien à faire là-dedans puisqu’ils n’ont pas les parents adéquats :

Ils sont à regarder comme « des étrangers », un point c’est tout ! À partir du moment

Où nous ne sommes pas à la bonne place, que faisons-nous dans cet « enfer »

Qui ne nous concerne pas ? Avec ce postulat limite, nous pourrions avancer que cette école

Pour enfants d’enseignants ne devrait ne concerner que ces familles-là, et pas les autres.

Si les enseignants ont leur école pour leurs enfants, pourquoi les autres n’en auraient-ils

Pas une à leur image ? C’est pourquoi, peut-être, y a-t-il des écoles privées, pour des gens

Se privant de l’école officielle de l’Éducation Nationale ? Mais ne nous égarons pas,

Restons dans notre monde de fous. Est-il pensable d’avoir une école organisée

Par des banquiers pour leurs petits bambins, une pour ceux des bouchers, des boulangers,

Des docteurs, des pharmaciens, des comptables, des acteurs, des chômeurs, des SDF…

La liste est infinie, je limite mes efforts pour ne pas trop vous fatiguer. Ainsi,

Chacun aura dans sa chapelle de quoi perpétrer sa messe et offrir à sa progéniture l’assurance

D’un bon enseignement, celui de la famille des banquiers, des bouchers, des boulangers,

Des docteurs… Chacun dans sa bulle, en quelque sorte. Expérimentalement,

Nous pourrions rassembler toutes ces écoles spécifiques dans un établissement fédérateur,

Où le nom serait à trouver, un nom pas trop rébarbatif, s’il vous plait, merci !

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Écrire en improvisant….

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Après ce constat, il se lança dans une description détaillée de son projet.

Nous avons décidé, d’un commun accord, de passer outre ces explications

N’apportant rien à la compréhension du travail accompli. La question

Que nous nous sommes posée, était de savoir si au fond en écrivant ainsi,

Il ne faisait pas son auto-analyse ?

Il commença, devant chaque bouquin, à écrire en improvisant.

Ne se souvenant de rien, il disait ce qu’il lui passait par la tête,

Ainsi pour Picasso par exemple, il écrivit :

Nous sommes tous des chiens et Picasso, c’est un chien aussi.

Puis, il continua cet exercice avec tous les livres de sa bibliothèque.

C’était de l’association libre, comme il le disait lui-même :

De la pure tradition Freudienne. Sur Gauguin et sur Van Gogh,

Il se souvint avoir visité avec un ami dont il était

Follement amoureux, la fameuse maison d’Auvers sur Oise,

Et avec quelques bribes d’informations récoltées on ne sait où,

 Il avait concocté ce scénario… Van Gogh avait invité Gauguin,

Dans son appartement à Auvers. Il l’aimait passionnément, mais personne ne le savait,

D’où cette question fondamentale : leur amitié était-elle particulière ?

Le Van, pervers, avait fait en sorte que son ami soit obligé de traverser sa chambre

Pour accéder à celle qu’il lui avait octroyée, puisqu’ils ne couchaient pas le même lit …

Leur cohabitation fut infernale, il y eut même une obscure histoire d’oreille coupée…

Pourquoi ce souvenir lui venait-il à l’esprit ? Avait-il vécu, lui aussi,

Quelque chose de semblable dans sa maison de Châtenay-Malabry,

Dans les années 89/90, là où il produisit tant de toiles ?

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JE N’AI PAS DE MÉMOIRE.

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Mon père satisfait du jugement invita tous ces gens ayant participé à cette affaire

Pour un brunch inoubliable avec champagne et petits fours de chez Dalloyau.

Je me souviens bien de certaines de ses formules :  » Mettre les gens dedans « 

C’était l’âme même du commerce, et qu’il n’y avait aucun mal à cela.

Notre collaborateur a trouvé dans les tiroirs de notre ami écrivain, ces quelques mots

Pouvant éclairer notre lanterne sur comment il se définissait :

Dyslexique, tendance amnésique.

Le diagnostic est maintenant posé, je me doutais bien qu’il y avait

Quelque chose de « pas normal » : JE N’AI PAS DE MÉMOIRE.

À l’école, les leçons n’étaient jamais apprises. Les textes passaient sur moi

Sans que je puisse les retenir. Par la suite, je me suis rendu compte

Que si j’allais au cinéma ou lisais un livre, j’étais dans l’incapacité de

Me souvenir de ce que j’avais lu ou vu, seulement restait une vague

Impression, une sensation agréable ou désagréable, c’est tout.

Aujourd’hui c’est toujours la même chose, mais, aujourd’hui je m’en fous.

Je sais que je ne maîtriserai jamais ni la grammaire ni l’orthographe,

J’en ai fait mon deuil et si par extraordinaire je m’améliore ici,

Je sais que ça se dégrade ailleurs. Lorsqu’on est « comme ça »

Avoir dans sa bibliothèque des livres, lus ou non, relève du pareil au même,

Alors, faire l’inventaire de sa bibliothèque dans cette situation précaire,

Est une pure folie …

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Manque de sens…

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Voilà où j’en suis, est-il encore besoin de garder les yeux grands ouverts

Pour y voir le spectacle de cette nature ? Sa dure réalité avec son labeur quotidien.

Penser à tout cela n’est pas bon à mon équilibre fragilisé par ma situation affective,

Amoureuse, existentielle. Cette nature me coupe en deux, tant je fais d’effort à m’y soumettre,

Mais je ne fais rien, et c’est déjà pas si mal dans ce monde toujours en mouvements dérisoires,

Dévastateur par son manque de sens… Pourtant elle me reconstruit un peu, pas beaucoup.

Mon père voulait une loi forte et sans concessions, son commerce en dépendait :

Il fournissait l’état en grains et comme le montant de cette ressource n’était pas négligeable,

Inutile de vous dire combien il était du côté de la vertu et de l’honneur avec un grand H,

S’il avait été ministre, il aurait institué la morale avec un grand M comme valeur suprême.

Pour renflouer les caisses de l’état nous avions les impôts et les jeux de loteries

Ainsi nous pouvions donner de l’instruction à nos jeunes, seulement nos anciens, eux,

N’ont pas eu cette chance. Mon père avait à son service un charretier depuis quinze ans,

Puis un jour l’homme le vola, alors, on l’arrêta et on le jugea.

À la barre, il se défendit mettant en cause l’honnêteté de son patron,

Expliquant par le détail les divers procédés utilisés par mon père pour abuser

Ses clients et arriver à ses fins, c’est-à-dire tirer de maximum d’argent

Pour un minimum de marchandise et de qualité douteuse de surcroit.

Devant ses juges, cet homme ayant volé justifia ses manipulations en disant

Qu’il avait fait comme monsieur avec sa clientèle.

Seulement là nous n’étions pas devant les caméras de télévision, nous étions

Devant des hommes ayant les pieds sur terre, des paysans protégeant les leurs,

Tous des va-nu-pieds, des moins que rien, ne méritant que la prison,

Non seulement pour les kilos de blé pris sans payer, mais surtout

Pour avoir mis en cause l’honneur de l’un de nos plus honorables commerçants,

D’une maison fondée en 1794 et en qui la confiance était acquise depuis toujours.

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Mon père…

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Si l’on m’a affecté ici dans la betterave, je me suis demandé si ce n’était pas à cause

De mes origines : mon père était dans la graine, ses affaires marchaient bien,

Il y consacrait tout son temps, son énergie et surtout sa mauvaise foi

Au point d’avoir été traité à nombreuses reprises de voleur par ses clients.

Je garde encore aujourd’hui certaines coupures de presse relatant les manipulations

Douteuses d’un homme d’une malhonnêteté maladive. Aucune transaction ne pouvait

Se dérouler normalement, il lui fallait toujours avoir l’impression

D’avoir grugé le bonhomme en face de lui, cela le motivait à continuer

Une profession qui peut-être à ses yeux n’avait aucun sens par ailleurs.

Je vous passe toutes ses vilenies, ses mélanges subtils de graines et de poussière,

Sans parler de certaines substances dangereuses pour la santé du consommateur.

Jeter à la poubelle quoi que ce soit lui paraissait inimaginable, alors

Tout devait entrer dans les sacs à grains, l’essentiel était de se faire de l’argent à partir de rien.

Ma mère l’aida dans son commerce et consentait, fidèle à ses engagements face

À Dieu et à l’église, à tout, pourvu que cela vienne de son époux.

Je ne sais plus le nom des arbres, peu importe, même sans noms ils sont si beaux,

ils se caractérisent par leurs couleurs, dignes des pinceaux de nos maîtres les meilleurs,

Les branches de l’acacia au loin découpent le plan fixe du cadre de ma fenêtre,

Fermée pour l’instant puisque tu ne viendras pas aujourd’hui. Demain matin, de mon lit,

Je regarderai au-dehors comme chaque matin sans bouger, et je me dirai :

Sans cette ouverture que verrais-je ? Le vide reflet actuel de mon âme

Et je sombrerai dans un silence aussi dur que le roc, car sans toi pour l’éternité.

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Un synopsis écrit par moi…

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Je peux poser mes yeux sur ce chemin, oh combien de fois foulé,

Pour y aller, seul ou accompagné, cueillir quelques bonnes denrées.

Ma fragilité est grande et le fait de me présenter là, maintenant,

Ici devant vous sur se fauteuil roulant n’est pas un acte gratuit,

Il dit l’essentiel… Dans dix ans, voyez-vous, dans dix ans

Vous vous souviendrez de ce moment que nous vivons là, maintenant,

Tous ensemble dans ce théâtre avec moi tout seul sur le plateau,

Je ne vous ai rien interprété, rien encore, j’ai occupé votre temps à presque rien

Mais vous vous en souviendrez, j’en suis certain, et mon rôle

D’auteur-acteur aura été rempli, mon salaire bien gagné.

En rédigeant cela me revient le souvenir d’un synopsis écrit par moi il y a fort longtemps.

C’était une petite chose comprenant à peine une douzaine de pages

M’ayant fait comprendre que je n’étais pas un auteur de théâtre,

À l’évidence, je n’étais pas fait pour cela. Mais si je fais

Devant vous ce rapprochement c’est que le procédé était le même.

Bougonnant quelques mots inaudibles dans sa barbiche, je fus raccompagné

Vers la sortie de ce théâtre de la cupidité des hommes de pouvoir.

J’avais enfin retrouvé une certaine dignité maintenant, pensant

Au prochain rendez-vous, qui sera peut-être le dernier, mais porteur

D’un intérêt certain pour mes affaires à venir. Trois jours passèrent

Et trois nuits aussi, je les passais dans un bordel de la ville, ayant de quoi payer

Ce qui m’a manqué ces dernières semaines. Dans cet endroit majestueux

Où se croisent indifféremment hommes politiques, artistes ou voyous,

j’allais me reposer sur le bord de la piscine après le bain et le hammam,

J’avais apporté avec moi quelques feuilles blanches, afin de vous confier par écrit

Quelques bribes de mon passé et ainsi, vous jugerez par vous-même

À qui vous avez à faire. Je suis issu d’une famille normale, ni riche, ni pauvre,

Moyenne dans les statistiques nationales, nous représentons la France profonde,

Et à tout considérer, franchement, je n’en suis pas fier pour deux roupies.

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Le ministre me tapa sur l’épaule…

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Il y a du soleil dehors, je vais faire un petit tour à Paris, mais cette découverte

Est si importante qu’elle reviendra sur le tapis tout au long de mon existence.

Se voulant rassurant, le ministre me tapa sur l’épaule, un sourire aux lèvres,

M’assurant ses grands dieux ne pas vouloir me laisser tomber. Pour autant,

Ma colère resta insensible à cette marque d’hypocrisie dont je connaissais

Depuis longtemps la musique. Il promit de m’indemniser des carences

De son manque de fidélité, seulement il lui fallait quelques jours

Pour réaliser ses affaires, en attendant, il me remit cent petites pièces d’or,

Et cela eut enfin un effet bénéfique sur ma tension.

Quand le désespoir me prend, je regarde toujours un arbre,

Je fixe mon attention sur cet objet bien vivant, bien en érection

Et j’accepte de me laisser emporter par sa force de dissuasion,

Sa force à me mettre en paix avec moi-même.

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Habités par ce virus, ce cafard…

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Depuis quelque temps, la comptable me refuse le moindre sou, on me regarde tel un voleur,

Pire, un escroc, et les gens m’ayant fait confiance à ce jour, me recherchent

Pour récupérer leurs deniers… Comment vais-je m’en sortir si tu ne viens pas à mon secours ?

Tout à l’heure, tu iras déjeuner à la terrasse du restaurant d’en face et moi où irais-je manger ?

Je n’ai plus d’argent, pas le moindre kopeck pour faire mes courses au supermarché,

Je n’en peux plus, tu m’as trop utilisé lorsque cela te convenait et aujourd’hui,

Je devrais te laisser m’évincer comme un malpropre, un vaurien ?

Comme chacun sait, nous avons des muscles volontaires et des muscles involontaires. Alors,

Pourquoi psychiquement un tel mécanisme n’existerait-il pas ?

Nous vivons en permanence avec un double terroriste. « L’inconscient terroriste ».

Quelles que soient les situations, par tous les moyens, il cherchera à nous déstabiliser.

Il crache sur la personne aimée, crée le doute en nous à tout moment, pour toute chose,

Sournoisement, il est très fort à ce jeu-là, pour faire de nous un voyou, une poubelle,

Si on n’y prend garde. Nous sommes tous habités par ce virus, ce cafard,

Qui nous fait artistes ou assassins.

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Responsable de la betterave…

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Je dirais au pays qui tu es, toi le ministre si respectable, si mielleux, imbécile,

N’as-tu pas compris que je te tiens, que tu es fais comme un rat,

Demain on saura tout sur toi, ta femme et toutes tes manigances…

Ma colère librement s’exprimait tant elle s’était retenue

Depuis mon installation au poste de responsable de la betterave,

Et lui, mon patron, rouge de honte, chercha à m’acheter à n’importe quel prix,

Et d’abord par des explications, il y avait un autre prétendant au poste de ministre

Que je convoitais, il s’était révélé être un homme hors du commun par la ténacité,

L’énergie mise pour gagner, oui c’est ça, c’était un gagnant, et des gagnants il y en a peu.

Il me dit : nous l’avons choisi pour avoir une nouvelle figure à montrer au peuple,

Pour le rassurer, surtout ces temps-ci, avec la crise, il nous faut cet homme,

Du moins provisoirement, tu dois le comprendre, provisoirement

C’est fâcheux pour toi, mais les intérêts du pays d’abord…

Je dois laisser tomber cette idée, rien ne m’interdit de changer ce qui a été décidé,

Auteur de mes écrits, ma liberté est entière et personne n’est là à me dire ce que je dois faire,

De toute façon, ceux qui me connaissent savent parfaitement qu’il ne faut surtout pas

Me contrarier, contrairement aux apparences, il n’y a pas de désordre ici.

Chaque arbre, chaque buisson est placé au bon endroit, et si en passant

Votre humeur veut batifoler, la nature en est peut-être la cause,

Devant vous, vous regarderez la beauté de ce village perché avec son clocher

Aussi robuste que celui d’Illiers. La ligne d’horizon repousse une pensée trop déstructurée,

Trop destructive… Enfin libéré de tous maux, légers comme l’air, on voit là-bas

Ce qui nous est donné, offert, la lande et ses pins, dans un nuage gris de pierre, de granit.

Ne nous mentons pas à nous-mêmes, l’intérêt de l’humanité, on s’en fout,

Pour toi comme pour moi, ce qui importe maintenant,

C’est que tu ne me jettes pas sur le carreau après m’avoir sorti la tête de l’eau.

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