Ma théorie d’interpréter les rêves…

3

Nous parlerons plus tard de ma théorie d’interpréter les rêves du matin

Qui nous pousse souvent à nous réveiller, mais là, histoire de vous habituer à penser

À vos propres songes, la chaussure ici représente la marche, l’action, et donc

Le passage de la position allongée à la station debout, pour ranger mes chaussures,

Mais aussi et surtout pour me réveiller et utiliser mes pieds encore actifs.

Entretenir cette mémoire défectueuse m’oblige à faire en permanence

Le bilan de tout. État des lieux, mise en place des choses pour garder des repères,

Et puis, cette obsession de vouloir avoir toujours sous la main, de bons outils

Pour expurger ce qui est à l’intérieur, m’exprimer, c’est ça mon job. Alors,

Derrière mon ordinateur et ma télé, j’ai des fils électriques partout, en fait,

Je m’encâble. Il y a des voyants lumineux tout le temps allumés,

C’est un feu d’artifice ici la nuit, pourquoi éteindre, me dis-je parfois,

Puisque c’est déconseillé dans tous les modes d’emploi … Chez mon psy,

Il m’a fallu accepter l’idée d’avoir à m’allonger sur ce lit où trônait sur le mur

Une croix avec un Christ nu en personne. Pour un juif, me suis-je dit,

N’est-ce pas un péché coupable ? Que penserait ma mère si elle savait ça ?

J’ai passé outre cet obstacle, d’autant que je suis, à la vérité, athée pas mal.

Je devais impérativement m’abstraire de ces questions subsidiaires pour accéder

Aux raisons profondes de mon mal. À la fin de ce travail, je n’étais pas

Plus guéri qu’avant, mais je n’avais pas l’impression d’avoir perdu mon temps,

Ce qui n’est déjà pas si mal lorsqu’on fait une psy.

Patchwork (cliquez ici)

Faire mes courses au Monoprix…

2

J’aime me promener, faire mes courses au Monoprix, avec ces rayonnages

Comme les cimaises des plus beaux musées du monde, et au lieu de voir des objets d’art,

Là je suis tout simplement face à ceux de notre vie de consommateurs. C’est beau aussi.

Le matin, ma pensée va dans tous les sens, je ne sais pas pourquoi,

Ce doit être l’effet des médicaments … Officiellement ce n’est pas de la drogue,

J’ai une ordonnance du médecin en bonne et due forme, renouvelable tous les trois mois,

Et cela, depuis bien longtemps déjà. Alors, j’y vais carrément de mes égarements.

Juste avant mon réveil, tout à l’heure, j’ai rêvé d’un stock de chaussures,

Qu’en réalité, j’ai dans mon placard en attente de tri.

Patchwork (cliquez ici)

Mon ex-épouse…

1Après une crise sévère, je pris rendez-vous avec cet homme, conseillé par mon ex-épouse.

À l’issu de la première consultation, j’avais accepté mentalement la déco de son cabinet.

Toutes les pièces étaient ornées d’objets religieux, mais enfin, m’étais-je dit

Raisonnablement, c’est son fonds de commerce, restons sereins, restons zen.

Sachons prendre du plaisir. Le travail psy, ce devrait être ça, aller à la recherche

De ce qui va provoquer ces temps agréables, ces petits riens, ces moments fugaces

À prendre, pour soi. Profiter de son égoïsme et accessoirement, encourager d’autres

À faire comme vous… Mais rien n’est sûr en la matière, car notre tendance naturelle

Est plus portée mentalement, physiquement, par la souffrance que par la joie…

Nous étudierons plus tard les raisons nous poussant à être ainsi, mais pour l’heure,

Reconnaissons combien chacun de nous porte sur son dos des sacs pleins à craquer

De déchets nauséabonds… Comment ne pas penser à tous ces artistes qui

Après avoir connu la gloire n’ont eu de cesse de nous rappeler à eux,

Même s’ils n’ont plus rien à dire, plus rien à faire, sinon à être pathétiques.

Etre artiste n’est pas un métier. L’art n’est pas une marchandise.

J’aime l’idée qu’il s’agit d’un accident de parcours, d’un malentendu.

Nous avons tous tendance à sacraliser les artistes, surtout ceux, arrivés

Au sommet de la pyramide. Les autres artistes, tous les autres, sont des cons,

Des fainéants, des vauriens, de futurs SDF… L’avantage de vieillir ou d’être malade,

Comme moi par exemple, est qu’il faut éliminer au fur et à mesure l’inutile

Pour aller à l’essentiel et sortir de l’illusion.

Patchwork (cliquez ici)

Condamné à vivre…

0

Je ne peux me départir de moi-même, élément corps du monde,

Condamné à vivre, et personne, pas même moi, ne peut m’en défaire l’attachement.

Ce matin n’est pas un matin ordinaire comme les autres, en allant au lycée,

J’ai demandé au professeur la permission de rentrer chez moi, j’avais une lettre manuscrite

De mon père sollicitant cette absence  » Pour raisons familiales « .

Il m’a demandé lesquelles, alors, je lui dis de quoi il en retournait.

Mon père allait nous quitter pour le travail obligatoire,

Alors, mon professeur comprit et je rentrais à la maison, ou plutôt non, au magasin

Où il m’attendait avec les autres membres de la famille. Ils avaient besoin de moi,

Mais je ne savais pas à quoi je pouvais être utile. Mon père voulait me voir à ses côtés,

Juste avant son départ. Je ne suis pas allé chez ma mère comme

Tous les jeudis et les dimanches, mes parents ne vivent plus ensemble, sous le même toit,

D’ailleurs il l’avait averti que je n’irais pas la voir ce jour-là. Toute la nuit,

Il y a eu l’alerte aérienne au-dessus de notre tête, j’avais encore un peu sommeil.

Un jour, on m’a conseillé de consulter un psy sachant traiter les gens souffrants

D’une maladie terrible que je porte sur les épaules comme un grand garçon.

  Patchwork (cliquez ici)

Chapitre 47…

Chemiakine

(Tableau de  Mikhaïl Chemiakine )

En 1960, à l’école la mixité n’existait pas encore,

Alors les mecs bécotaient les nanas à la sortie de l’école.

Je me souviens d’un prof pervers demandant à certains élèves

Trop entreprenants d’aller faire leurs affaires un peu plus loin,

Mais il disait cela avec l’oeil envieux d’un mec sordide…

À la gym je n’ai eu que des mauvaises notes,

Quelques dizaines d’années plus tard, je compris le pourquoi

De ces difficultés : j’avais une anomalie physique m’empêchant

De faire du sport normalement : mes releveurs étaient défectueux.

Qu’est-ce que des releveurs ?

Les releveurs sont des muscles situés sur le devant du pied,

Entre la cheville et le genou. Lorsqu’ils sont nazes+,

Vous ne pouvez pas faire du sport comme tout le monde.

Alors, aujourd’hui, le sachant,

Dois-je faire un procès à l’Education Nationale ?

Dans ces instants-là, vous pourriez tirer de moi tous les secrets

De ma morne existence de comptable dans cette maison d’import-export

M’employant encore puisque je n’arrive pas à trouver un emploi plus noble

Et surtout plus proche de mes aspirations en rapport à l’écriture.

Ainsi va mon destin, ce n’est pas une plainte que vous entendez ici,

C’est un coeur s’ouvrant à cette heure où le jour tend la main à la nuit,

Où ces caresses sont les prémices de tout ce que je ne connais pas

Et ne veux en aucune façon approcher. Mais pourquoi donc fais-je maintenant

Ces rapprochements aux humains, alors que seule la nature m’importe ?

  Patchwork (cliquez ici)

« La crise de la culture »

Chémiakine

(Tableau de  Mikhaïl Chemiakine )

Et puisqu’il a été question d’Hannah Arendt il y a quelques jours, je ne veux pas me priver

D’un « folio-essais » sur « la crise de la culture », dans lequel j’ai trouvé un chapitre

Sur la crise de l’éducation. Allons voir de quoi il est question dans ce travail de trente pages.

Première phrase faisant tilt dans ma pauvre tête d’autodidacte s’essayant à cor et à cri

De comprendre quelque chose à cet univers me dépassant trop souvent :

« L’éducation ne peut jouer aucun rôle en politique, car en politique c’est toujours

À ceux qui sont déjà éduqués que l’on a affaire. » Je pose mon stylo et essaye de voir

À quoi cela peut me faire penser, à quoi je pourrai m’accrocher pour vous tartiner

Quelques bons mots excitant votre intelligence. Ainsi va le monde, nous nous passons

Le bâton, relais pour avancer, mais cela est trop souvent superficiel, nos différences

De personnalités sont telles que le contraire serait inquiétant. Pour arriver à un résultat

À peu près satisfaisant en ce domaine de l’éducation, ce qu’il faudrait se serait de jeter

Les vieux, les bannir de l’état nouveau que nous voulons construire…

  Patchwork (cliquez ici)

La culture est l’ultime solution…

Capture d’écran 2015-11-25 à 06.30.20

(Tableau de  Mikhaïl Chemiakine )

Il serait instructif d’analyser ce qu’ils peuvent trouver ici qu’ils n’ont pas ailleurs,

En dehors d’une protection du monde extérieur, du chaud, du froid. Chaque jour,

J’aimerai écrire ces mots simples : la culture est l’ultime solution,

Personne ne devrait en être exclu. Je me suis demandé, plus haut, quelles étaient

Les motivations d’Illich à remettre en cause les institutions. Je lis :

 » … L’école se veut négation de la mort et fait écho à l’humeur contemporaine…

…Ses prétentions humanistes, son esprit critique superficiel la font passer pour pluraliste,

Voire antireligieuse ». Voilà où je voulais en venir : avoir la preuve qu’il travaillait

Pour sa paroisse, l’Église. Mais cela ne nous empêchera pas d’avancer, même si

Nos objectifs ne sont pas semblables. Alors me demanderez-vous, et vous aurez raison,

Quelles sont les miennes ? Comme je l’ai dit tout à l’heure, la culture appartient réellement

À tous, et pour y accéder, en avoir tout le suc, la lecture et l’écriture, entre autres choses,

Peuvent aider plus facilement à nous sortir de nos maux quotidiens, petits et gros,

Qui à la longue nous minent profondément, alors qu’en les mettant de côté, nous élargissons

Notre vision du monde par l’expérience des autres, par la lecture, le cinéma, le théâtre,

Les musées… nous pourrons plus facilement affronter nos problèmes, nos difficultés,

Et heureusement nos plaisirs aussi… Voir des gens repousser ces objets de culture,

Le fait de lire, celui d’écrire, m’attriste plus que tout, rien n’est plus dommage,

Et n’allez pas croire que je sacralise quoi que ce soit, mais enfin, la vie est longue et belle,

Donnons-nous les moyens de la digérer agréablement, à défaut, pas trop mal.

  Patchwork (cliquez ici)

Illich et l’échec scolaire …

Capture d’écran 2015-11-25 à 06.29.51

(Tableau de  Mikhaïl Chemiakine )

Me voilà encore dans mes contradictions, mais ne comptez pas sur moi pour les éviter,

Tricher ne m’aidera en rien. Illich nous donne ici une idée pour expliquer l’échec scolaire :

« Un élève sain d’esprit a souvent tendance à offrir une résistance plus grande

À l’enseignement quand il prend conscience de cette manipulation à laquelle

Il est constamment soumis. » Prenez-en de la graine, Messieurs ‘Dames du pouvoir,

Sauvons ce qui peut l’être encore, à moins qu’il ne soit trop tard ?

Où le bât blesse-t-il ? Où sont les causes de nos malheurs ?

« À la conception fondamentale, commune à toutes les écoles, selon laquelle le jugement

D’un seul homme doit déterminer ce que d’autres doivent apprendre et à quel moment. »

Et je regarde autour de moi, les livres par milliers jonchent les étagères de cette bibliothèque

Ouverte à tous. Curieusement, si vous faîtes le tour de l’ensemble des salles de ce lieu,

Vous seriez surpris d’y voir des « marginaux », des « SDF » installés ici ou là, un journal

À la main, un journal pas un livre… Que nous enseigne leur présence dans cette maison

Si peu faite pour eux à priori, n’avons-nous pas pour habitude de les croiser dans la rue

Sans les regarder par honte, ou à les voir à la télé de nos bonnes consciences.

  Patchwork (cliquez ici)

Des étudiants fort sérieux…

Capture d’écran 2015-11-25 à 06.29.22

(Tableau de  Mikhaïl Chemiakine )

Et je suis assis à la table de travail de la bibliothèque municipale située près de chez moi,

Où des étudiants fort sérieux, concentrés sur leurs papiers, leurs ordinateurs,

Leurs mathématiques, c’est fou ce qu’ils sont mathématiques dans le secteur,

Il doit y avoir une école de droit pas loin, une école de futurs ingénieurs,

De futurs chômeurs… Franchement, je ne l’espère pas. Mais eux, que pensent-ils

Des idées révolutionnaires d’Illich ? Ce qui importe, c’est que dans le fond je sois avec eux,

De leur côté, je sais la société trop dure, trop insupportable parfois, toujours

Avec les plus forts, ceux qui sortent du rang…

« Ils ont désappris à faire, à être eux-mêmes… » ressasse-t-il.

  Patchwork (cliquez ici)